Le Saint-Esprit
Vivre par l'Esprit ou marcher par l'Esprit - l'identité de l'Esprit - le rejet contre l'Esprit, conséquence
Il y a une erreur que beaucoup de chrétiens commettent. Ils pensent que vivre par le Saint-Esprit est la même chose que marcher par l'Esprit. Mais ce n'est pas le cas.
Imaginez une lanterne et une fournaise. Toutes deux contiennent du feu. Toutes deux produisent de la chaleur. Mais elles ne sont pas identiques. Alors, que l'une d'elles peut chauffer une maison au beau milieu d'un hiver glacial, l'autre en est incapable. Celle qui le peut, la fournaise, nécessite du combustible, de la ventilation et une attention constante pour rester à pleine puissance.
Et au moment où vous arrêtez d'alimenter une fournaise, au moment où vous vous éloignez en supposant que le feu s'entretiendra de lui-même, devinez ce qui se passe. Le feu de la fournaise commence à faiblir, silencieusement, progressivement. Jusqu'à ce qu'un jour, vous reveniez dans la pièce pour trouver la fournaise complètement éteinte, sans pouvoir expliquer exactement quand cela s'est produit.
C'est l'image que l'apôtre Paul dépeint dans Galates 5.25. Et c'est le verset le plus inconfortable de tout son enseignement sur la vie remplie de l'Esprit, non pas parce qu'il est compliqué, mais en raison de ce qu'il implique silencieusement concernant le fossé entre ce que la plupart des croyants expérimentent et ce que le Nouveau Testament décrit réellement.
Avant que Paul n'écrive Galates 5.25, Dieu a donné au monde une illustration vivante de tout ce contre quoi ce verset met en garde. Cette illustration vivante était Saül, le premier roi d'Israël. Et, son histoire est le miroir le plus inconfortable de toute l'Ecriture, car elle ne ressemble pas à l'histoire d'un païen. Elle ressemble à l'histoire d'un membre d'Eglise. Elle ressemble à notre histoire. Lorsque Saül fut Ouin comme premier roi d'Israël, 1 Samuel 10 nous dit qu'une chose remarquable s'est produite. L'Esprit de Dieu vint puissamment sur lui. Il prophétisa aux côtés des prophètes. Dieu lui donna un coeur tout nouveau. L'onction était authentique et indéniable. Saül était puissamment vivant par l'Esprit.
Mais à mesure que les pressions s'accumulaient, les batailles, la politique, les attentes, Saül commença à faire les choses à sa manière, désobéissant souvent à Dieu au passage. Lorsque Samuel fut retardé avant la bataille, Saül n'a pas attendu. Il est sorti du rang et a offert le sacrifice un animal de lui-même, un rôle qui ne lui a jamais appartenu.
Plus tard, après une victoire sur les Amalécites, Dieu a donné un ordre explicite. Ne rien prendre du butin. Saül a pris le meilleur bétail. Lorsqu'il a été confronté, il a appelé cela de l'adoration. Il s'était sincèrement convaincu que sa version de l'obéissance était assez proche de la réalité. Le roi Saül a traité les instructions de Dieu comme négociables, comme des directives à suivre quand cela l'arrangeait et à ajuster quand ce n'était pas le cas. Et l'Esprit de Dieu, le même Esprit qui était venu sur lui avec puissance, s'est progressivement retiré.
Non pas avec colère, mais comme la conséquence naturelle d'un homme qui avait l'onction et refusait de suivre la direction de l'Esprit de Dieu. C'est cette subtilité qui rend l'histoire de Saül si troublante. Il n'était pas un rebelle au sens dramatique du terme. Il n'a pas brandi le poing contre Dieu avant de s'en aller.
Il a négocié. Il a modifié les instructions de Dieu. Il a obéi quand cela lui convenait et a ajusté quand cela lui coûtait quelque chose. Et lentement, à travers mille petites ruptures, avec la direction du Saint-Esprit, l'écart entre la direction de Saül et celle de l'Esprit s'est creusé, jusqu'à ce qu'il n'avance plus du tout vers le même endroit. 1 Samuel, 16:14, rapporte le résultat avec une brièveté dévastatrice.
L'Esprit de l'Éternel se retira de Saül. L'Esprit s'est retiré de la même manière que la chaleur quitte une fournaise non entretenue, progressivement, en raison d'une inattention prolongée, jusqu'à ce que le feu autrefois indéniable ne devienne plus qu'un souvenir.
Galate 5:25, a été écrit pour s'assurer que nous comprenions exactement pourquoi ; « Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit. »
Cela semble raisonnable, presque doux, le genre de phrase à laquelle vous acquiescez avant de passer à autre chose.
Mais sous ces mots, doux, Paul a fait quelque chose qui change le poids de tout le verset. Il utilise deux verbes grecs complètement différents. Le premier, vivre, est zao. Il décrit un état d'être. C'est le miracle de la vie spirituelle elle-même, le souffle de Dieu, insufflé en vous au moment de la véritable conversion. Vous n'avez pas généré le zao. Vous ne pouvez pas le maintenir par vos efforts, ni le perdre par vos échecs. C'est la fournaise elle-même, construite en vous, permanente, réelle. Tout croyant authentique la possède. Le Saint-Esprit a élu domicile en vous. Il ne fait pas que visiter ou passer. Il habite en vous.
Mais le deuxième mot, se laisser conduire ou marcher, est stoicheo. Et, c'est là que Paul cesse d'être pastoral pour devenir militaire pour Dieu. Stoicheo n'est pas le mot grec ordinaire pour marcher. Pour le mouvement quotidien à travers la vie, Paul utilise peripatheo. Mais ici, délibérément, il choisit stoicheo, un terme du lexique militaire romain signifiant marcher en formation disciplinée.
Dans la guerre antique, la formation n'était pas une préférence esthétique. C'était le mécanisme de survie. La puissance d'une légion romaine dépendait de chaque soldat maintienne sa position. Les boucliers se chevauchaient. L'avancée était coordonnée. Un soldat en formation stoicheo ne choisissait pas sa propre vitesse. Il ne dérivait pas sur le côté parce que la vue lui semblait intéressante. Il ne traînait pas quand il était fatigué et il ne courait pas en avant quand il se sentait confiant. Il restait au pas. Sa survie et la survie de tous ceux qui l'entouraient dépendaient entièrement de sa volonté d'abandonner son rythme individuel au rythme de la formation. Au moment où un soldat rompait le pas, se déplaçait trop vite, prenait du retard, dérivait hors de sa position, le vide qu'il créait n'était pas seulement son problème. Il exposait tous ceux qui l'entouraient, et c'est le mot que Paul a choisi pour la vie remplie de l'Esprit. Pas une promenade spirituelle décontractée. Pas un pointage occasionnel avec Dieu. Un abandon discipliné, attentif et quotidien de votre propre rythme au pas du Saint-Esprit qui vous conduit. Vivre par l'Esprit et votre identité, elle vous a été donnée.
Regardons maintenant à quoi ressemble le fait de ne pas marcher par l'Esprit dans la vie de personnes qui auraient dû être mieux avisées. L'Eglise de Corinthe est l'étude de cas la plus spectaculaire du Nouveau Testament concernant le fossé entre la présence et la pratique.
Paul leur écrit dans 1 Corinthien 1:7 : « de sorte qu'il ne vous manque aucun don, dans l'attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Leur fournaise était ardente. Ils avaient la prophétie, les langues, les paroles de connaissances, les guérisons miraculeuses. La présence du Saint-Esprit était impossible à nier. À tout point de vue visible, c'était l'Eglise la plus surnaturellement active du monde antique.
Deux chapitres plus tard, Paul écrit dans 1 Corinthien 3:1 : « Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. »
Comment ? Comment une Eglise possédant tous les dons spirituels imaginables finit-elle par être traitée de petits-enfants charnels ? Parce que la présence de dons spirituels ne prouve pas qu'une personne marche par l'Esprit. Les dons sont distribués par grâce. Ils ne sont pas gagnés par la maturité, ni refusés à ceux qui sont immatures.
Mais la marche, le stoicheo, exige quelque chose que les dons ne produisent pas automatiquement. Elle exige l'abandon. Elle exige l'attention. Elle exige la volonté quotidienne de céder votre propre rythme au rythme du Saint-Esprit alors qu'il vous conduit. Les Corinthiens avèrent le feu, mais ils l'utilisaient pour se brûler les uns les autres. Division, jalousie, dispute. Un groupe fidèle à Paul, un autre à Apollos. Une communauté avec tous les dons spirituels qui, d'une manière ou d'une autre, n'arrivaient pas à se traiter avec une dignité fondamentale. Ils étaient vivants par l'Esprit, mais ils étaient complètement en décalage avec le caractère du Saint-Esprit. Ils avaient l'allumette, mais ils n'ont jamais appris à allumer la fournaise.
Ensuite, il y a Pierre à Antioche, et cet exemple devrait nous mettre tous mal à l'aise. C'est le Pierre de la Pentecôte, l'homme qui a prêché à la Pentecôte et a vu trois mille personnes sauvées. L'homme dont l'ombre portait une telle onction que les gens déposaient les malades dans les rues en espérant qu'elles passent sur eux.
L'homme qui a reçu la vision de la nappe descendant du ciel, où l'Esprit lui a explicitement dit que Pierre à Antioche, mangeant librement et joyeusement avec des croyants non-juifs, exactement comme l'Esprit l'avait conduit à le faire. L'Evangile fonctionnait à merveille. La formation était intacte.
Et puis, un groupe d'hommes juifs influents est arrivé de Jérusalem, des hommes associés à Jacques. Immédiatement, l'énergie dans la pièce a changé. La pression sociale est montée. Et Pierre, l'homme de la Pentecôte, a discrètement reculé sa chaise. Il s'est retiré. Et, son retrait fut si silencieusement puissant que même Barnabas, le fils de l'Encouragement, l'a suivi hors de la formation.
L'hypocrisie de Pierre s'est répandue dans la communauté comme une fissure dans un mur. Lorsque Paul l'a confronté face à face, son accusation ne portait pas sur la doctrine. Pierre connaissait parfaitement la doctrine. L'accusation de Paul portait entièrement sur la formation. Pierre avait cessé de marcher droit. Il avait cessé de marcher à la cadence de l'Esprit pour commencer à marcher à la cadence de la crainte des hommes. Lorsque l'obéissance est devenue socialement coûteuse, Pierre a dérivé de la ligne. Cela peut arriver à n'importe lequel d'entre nous, car vivre par l'Esprit ne signifie pas que la fournaise reste magiquement allumée d'elle-même, juste parce que vous avez été en feu un jour.
La formation exige un abandon quotidien, actif et choisi. Alors, à quoi ressemble concrètement le fait d'alimenter la fournaise, pas théologiquement, mais de manière pratique ? Un mardi après-midi d'une semaine normale ?
Romain, 8:5, nous donne le diagnostic ; « Ceux, en effet, qui vivent selon la chair s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'Esprit s'affectionnent aux choses de l'Esprit. »
L'Esprit, la pensée, est la porte de la fournaise. Il contrôle le flux d'air et de combustible. Pour marcher par le Saint-Esprit, vous devez nourrir votre pensée des choses de l'Esprit. Le bois et le combustible jetés dans votre fournaise doivent être la parole de Dieu. C'est ce que Paul décrit.
Pour savoir si vous marchez par le Saint-Esprit, posez-vous ces questions difficiles. Où se pose naturellement votre attention lorsque rien d'extérieur ne la sollicite ?
Vers quoi vous tournez-vous instinctivement lorsque l'anxiété monte ?
La parole de Dieu ou votre propre analyse ?
Vous ne pouvez pas marcher dans une direction vers laquelle votre esprit n'a pas été orienté. Lorsque vous orientez constamment votre attention vers le Saint-Esprit, non pas de manière anxieuse et performative, mais comme une habitude qui revient, une réorientation quotidienne, il commence à se produire quelque chose que vous ne pouvez pas produire par la seule force de la volonté. Vous développez ce qu'on ne peut appeler que de la sensibilité. L'impulsion du Saint-Esprit cesse de ressembler à une interruption et commence à ressembler à une voix familière. Le malaise que vous ressentez juste avant de prendre une mauvaise décision. Vous commencez à sentir le rythme changer avant même d'avoir fait trente pas dans la mauvaise direction.
Et à ce moment-là, ce mardi-là, dans cet échange d'e-mail, dans cette conversation, vous faites une pause. Non pas parce que vous êtes un guerrier spirituel, mais parce que vous êtes assez proche pour entendre les pas du Saint-Esprit devant vous. Avant de prendre une décision ou de faire quoi que ce soit, vous vous demandez toujours « est-ce mon rythme ou le rythme du Saint-Esprit ? »
La deuxième chose qu'exige la fournaise est la volonté de suivre lorsque la formation s'engage en territoire inconfortable. C'est là que la plupart d'entre nous s'arrêtent, discrètement. Nous sommes parfaitement disposés à rester au pas avec le Saint-Esprit lorsqu'il nous conduit vers la bénédiction, la paix et la promotion. Nous aimons cette formation.
Mais, au moment où Il se tourne vers une conversation difficile que nous avons évitée, au moment où Il pointe vers le fait de pardonner à quelqu'un qui nous a sincèrement blessés, ou de briser une dépendance dont nous avons secrètement décidé qu'elle n'était pas grave. Au moment où Il nous conduit vers une gentillesse ou un sacrifice pour lesquels nous ne nous sentons pas prêts ; nous rompons le pas, nous dérivons hors du rang, nous imposons notre propre rythme, c'est pourquoi le feu s'éteint. Non pas parce que la fournaise a été retirée, mais parce qu'elle a cessé d'être alimentée.
Une dernière chose dont la fournaise a besoin, d'autres personnes autour d'elle. Paul écrit dans Galates que ceux qui sont spirituels ont la responsabilité d'aider à redresser ceux qui ont dérivé, et l'implication va dans les deux sens. Vous avez besoin de personnes suffisamment proches de vous pour remarquer quand votre température a baissé, quand votre rythme a changé. Quand vous vous dirigez vers un endroit différent de celui où vous étiez il y a six mois, et que vous êtes trop prêts pour le voir vous-même. La formation est collective. Vous ne pouvez pas soutenir la marche seul, et vous n'avez jamais été censé le faire. Vous avez besoin de la communion des frères.
Romain 8:29 nomme la destination ; « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. »
Devenir conforme à l'image du Fils de Dieu. Le but entier du Saint-Esprit, la raison pour laquelle la fournaise a été construite en vous, la raison pour laquelle Il vous pousse, vous conduit et corrige votre rythme, est de vous façonner jusqu'à ce que les gens vous regardent et reconnaissent à quelque chose qu'ils ne peuvent pas complètement expliquer. Pas seulement de la gentillesse, pas seulement de la discipline. La ressemblance avec Christ. Ils reconnaissent la ressemblance avec Christ.
Une vie portant le poids du fruit de l'Esprit, parce qu'elle a été constamment, quotidiennement, soumise à celui qui le produit. Chaque frustration est du combustible. Chaque retard, chaque épreuve, chaque moment ordinaire où vous choisissez le rythme du Saint-Esprit plutôt que le vôtre, c'est avec tout cela que fonctionne la fournaise. L'Esprit utilise tout cela pour vous modeler à l'image de Jésus-Christ.
Saül le premier roi d'Israël avait l'onction et a refusé l'abandon quotidien, et sa fournaise est devenue froide. Les Corinthiens avaient tous les dons spirituels, et utilisaient pourtant le feu pour se brûler les uns les autres, plutôt que d'avancer ensemble. Pierre avait la flamme de la Pentecôte en lui, et pourtant, dans une seule pièce, sous une seule pression sociale, lors d'une journée ordinaire, il est sorti du rang. Aucun d'eux n'a perdu l'Esprit dans un moment dramatique d'apostasie. Le fossé s'est ouvert silencieusement, progressivement, une petite rupture de formation à la fois.
Si vous lisez ceci en ce moment, et que vous savez au fond de vous que vous avez la vie, mais que vous avez perdu la marche, si vous savez que le feu est en vous, mais que vous êtes restés immobiles, écoutez ceci ; Dieu ne vous demande pas de réparer une décennie d'errances en un seul après-midi. Il ne vous demande pas de fabriquer un réveil spirituel dans votre salon aujourd'hui. Il vous demande simplement de reprendre votre place dans le rang.
Prenez la Bible et regardez le Commandant qui est l'Esprit, écoutez la cadence qui sont les pas de l'Esprit, et faites le tout prochain pas en rythme avec Lui. Alimentez la fournaise, restez dans la formation, un pas à la fois.
Alors, qui est le Saint-Esprit avec tout ça ? Si vivre par l'Esprit ou marcher par l'Esprit apporte une telle différence, qui est cet Esprit ?
Prenez cette image allégorique de football.
Tous les amateurs de football connaissent ce moment. Le score est à égalité. La pression est immense. L'entraîneur a épuisé ses options sur le banc. Et là, dans la zone technique, il se tourne vers la personne qui se tient à ses côtés. Pas vers les joueurs sur la pelouse. Pas vers la foule dans les tribunes. Vers celle qui est là depuis avant le coup d'envoi. Celle qui a tout observé, décrypté chaque schéma, connaît l'équipe mieux que n'importe qui dans le stade. Celle qui murmure à l'oreille de l'entraîneur quand tout se joue. La plupart des supporters ne pensent jamais à cette personne. Ils suivent le ballon des yeux. Mais, c'est elle qui change le match. Gardez cette image. Parce que certaine Eglise commet la même erreur depuis des siècles.
Nous regardons le visible. Nous suivons l'activité. Nous traquons ce qui se voit sur le terrain. Et, nous avons largement méconnu, ou ignoré, celui qui est là depuis avant le commencement. Celui qui connaît la stratégie. Celui qui a été envoyé précisément pour changer l'issue de l'intérieur.
Le Saint-Esprit. Pas une force. Pas une ambiance. Pas un frisson quand la louange est bonne. Pas une puissance qui se serait éteinte il y a deux mille ans. Une personne. Et, quand on comprend enfin qui il est vraiment, à partir du langage de l'Ecriture, pas d'une religion de seconde main, toute la vie chrétienne commence à prendre sens d'une façon qu'elle n'avait jamais eue.
Soyons honnêtes. La plupart de ceux qui ont grandi dans l'Eglise n'ont jamais été vraiment enseignés au sujet du Saint-Esprit. Certains ont appris qu'il est une force, une énergie impersonnelle, une électricité divine qui alimente les miracles puis se retire en arrière-plan, quelque chose qu'on canalise, qu'on active. Mais pas quelqu'un que l'on connaît. D'autres ont appris qu'il est essentiellement identique à Jésus, que la distinction n'a pas d'importance, qu'il serait interchangeable, deux noms pour une même présence. D'autres encore ont appris qu'il n'apparaît que dans les moments spectaculaires. Langues, guérisons, manifestations extraordinaires. Et si ces choses n'arrivent pas autour de vous, c'est qu'il n'est pas là. Et certains, subtilement, voire explicitement, ont appris qu'il a cessé d'agir à la mort du dernier apôtre, que l'âge de l'Esprit est terminé, que nous avons désormais la Bible et que cela suffit.
Chacune de ces idées est contredite par l'Ecriture, pas à la marge, au coeur, et le coût de cette confusion est immense, car si vous ne savez pas qui est le Saint-Esprit, vous ne savez pas pleinement ce que Dieu a envoyé habiter en vous. Vous vivez avec un hôte chez vous à qui vous ne vous êtes jamais vraiment présenté.
Avant de dire qui est le Saint-Esprit, regardons où il apparaît pour la première fois. Pas dans Actes 2, pas à la Pentecôte, pas dans le Nouveau Testament. Le tout premier verset de la Bible nous le présente, Genèse 1:1-2 : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Présent avant que la création soit achevée. A l'oeuvre avant que la lumière existe. Se mouvant sur le chaos avant que Dieu n'y parle l'ordre.
Le mot hébreu traduit par planer est merachefet (מְרַחֶפֶת). Ruach (רוּחַ) est l'Esprit, souffle, vent. Donc merachefet décrit le mouvement d'un oiseau au-dessus de son nid, protecteur, attentif, intentionnel, se mouvoir. Pas passif, pas distant. Intensément engagé dans ce qui va advenir. Voici la première image que l'Ecriture nous donne du Saint-Esprit. Pas un retardataire, pas un ajout du Nouveau Testament. Celui qui était là au fondement de tout, qui se déplaçait, observait, préparait. Il est là, depuis plus longtemps que la création elle-même.
Dans le Nouveau Testament, le mot traduit par Esprit, comme dans Saint-Esprit, est le mot grec pneuma. Ce dernier signifie littéralement souffle ou vent. Mais ne vous laissez pas entraîner à penser qu'il serait impersonnel. Dans Jean 3, Jésus utilise pneuma lorsqu'il dit à Nicodème Jean 3:8 : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. »
Jésus ne dit pas que l'Esprit est le vent. Il fait une comparaison. Vous ne voyez pas le vent. Vous ne le contrôlez pas. Vous ne pouvez pas lui ordonner de commencer ou de s'arrêter. Mais vous voyez ses effets. Les arbres qui ploient, la poussière qui se soulève, les voiles qui se gonflent. L'Esprit se meut avec une liberté souveraine. Personne ne lui dit où aller. Personne ne le programme, ne le active à la demande. Il n'est pas une force à exploiter. Il est une personne qui agit selon sa volonté.
Et c'est ici que le grec devient crucial. Quand Jésus promet le Saint-Esprit à ses disciples dans Jean 14, 15 et 16, il utilise un mot précis pour le décrire. « Paraclétos », le paraclet.
Nos traductions disent « consolateur », « avocat », « aide », « conseiller ».
Mais aucun de ces mots ne rend pleinement le sens originel.
Paraclétos est formé de deux mots grecs, « para » à côté de, et « kaleó », « appeler », « convoquer ».
Un paraclétos est littéralement quelqu'un appelé à venir à tes côtés.
Dans l'Antiquité, ce mot désignait un avocat, quelqu'un convoqué pour se tenir aux côtés d'un accusé au tribunal. Pas pour regarder de loin, pour se tenir avec lui, parler en sa faveur, connaître parfaitement sa cause et la plaider avec autorité.
Mais il évoquait aussi un entraîneur, un stratège, quelqu'un appelé près de toi non pas quand tout va bien, mais précisément quand la situation est la plus exigeante. Revenez à la zone technique du terrain. L'adjoint aux côtés de l'entraîneur, présent, informé, soufflant la stratégie, lisant ce que les joueurs, dans la chaleur du match, ne peuvent pas voir eux-mêmes.
C'est l'image humaine qui se rapproche le plus de ce que décrit Paraclétos. Pas une puissance distante qu'on fait descendre. Quelqu'un qui est déjà venu se tenir à tes côtés et qui ne te quitte jamais.
Permettez une mise au point essentielle. Le Saint-Esprit n'est pas un « ça ». Ce n'est pas de l'électricité. Ce n'est pas une ambiance. Ce n'est pas une sensation spirituelle. C'est une personne, la troisième personne de la Trinité, et le langage de l'Ecriture le traite ainsi sans complexe. Jésus, dans Jean 16:13-14, dit ceci du Saint-Esprit ; « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. »
Comptez les pronoms personnels. Il, il, il, il, il, il. Jésus ne dit pas « ça vous guidera ». Il ne dit pas « la force parlera ». Il emploie six fois le pronom personnel. Ce n'est pas un hasard.
En grec, le mot pneuma est grammaticalement neutre. Il appellerait normalement un pronom neutre. Mais Jésus emploie délibérément le pronom masculin ékeinos. Celui-là, lui-même. Pour rendre le point indiscutable, il bouscule la grammaire pour préserver la théologie.
Le Saint-Esprit a une intelligence. Romains 8:27, dit que Dieu sonde son intelligence ; « Et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l'Esprit, parce que c'est selon Dieu qu'il intercède en faveur des saints. »
Une volonté,1 Corinthien 12:11, affirme qu'il distribue les dons comme il le veut ; « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme Il veut. »
Mais toutes ces choses, c'est un seul et même Esprit qui les accomplit, en les distribuant à chacun en particulier comme il le veut.
Des émotions, Ephésiens 4:30 : « N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. »
Vous ne pouvez pas attrister de l'électricité. Vous ne blessez pas une ambiance. La tristesse est la réaction d'une personne blessée par quelqu'un qu'elle aime. La parole, Actes 13:2 : « Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. »
L'intercession, Romains 8:26 : « De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse ; car nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. »
Il prie, il parle, il décide, il aime, il s'attriste. Ce ne sont pas les attributs d'une force. Ce sont ceux d'une personne.
Certaines traditions brouillent la frontière entre Jésus et le Saint-Esprit jusqu'à la rendre insignifiante. Mais Jésus Lui-même trace la ligne clairement. Jean 14:16 : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, »
Le mot « autre » en grec est allos. Deux mots grecs peuvent être traduits par « autre » Eteros, un autre d'une nature différente. Allos, un autre de la même nature. Jésus emploie allos.
Il dit « Le Père vous enverra un autre Paraclétos, quelqu'un de la même nature que moi, du même ordre que moi, mais distinct de moi. » Ce n'est pas un être humain qui reviendrait sous une autre forme. C'est une personne distincte de même nature divine. Il le confirme aussi que l'Esprit est aussi de son Esprit, car la Trinité est un seul Dieu Jean 14:17-18 ; « l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. »
Confirme également à Galates 4:6 ; « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! »
L'idée est que, grâce au Saint-Esprit, nous pouvons nous adresser à Dieu avec la même confiance filiale que Jésus.
Jésus va plus loin dans Jean 16:7 : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. »
Jésus affirme que son départ physique était nécessaire, non une perte, mais un gain, car Il ouvrait la voie à la venue du Saint-Esprit. Tant que Jésus était physiquement présent, Il était en un lieu à la fois, Galilée ou Jérusalem, avec les disciples ou avec les foules. Son corps limitait sa présence à un endroit, (bien qu'aussi Il a tout accompli Il devait partir pour revenir en fin des temps). Le Saint-Esprit n'a pas cette limite. Il ne vient pas auprès d'un seul groupe, dans une seule pièce. Il vient habiter en chaque croyant, partout, simultanément. Les disciples sont passés de Jésus avec eux à l'Esprit en eux. Ce n'est pas une régression, c'est la stratégie. Et, l'Esprit est en chacun de ceux qui ont donné leur vie à Jésus-Christ, aussi.
Une des idées les plus silencieuses, mais les plus dommageables de l'histoire de l'Eglise, affirme que ; le ministère actif du Saint-Esprit s'est achevé à la mort du dernier apôtre.
L'argument dirait ; les dons miraculeux servaient à authentifier les apôtres et à établir l'Eglise naissante. Une fois le Nouveau Testament achevé, ces signes ne seraient plus nécessaires. Le canon a été clos. L'Esprit s'est retiré.
Mais ce n'est pas ce que dit l'Ecriture. Nulle part la Bible n'indique que le ministère de l'Esprit serait retiré, suspendu ou diminué après une certaine date. C'est dans la foi des hommes qui limite la croyance de l'Esprit, et l'Esprit ne va pas agir là où la foi n'en croit pas. Si l'homme pense que l'Esprit agit qu'à tel endroit, il sera difficile pour l'homme de voir ce que l'Esprit peut faire au-dela des croyances limitées.
Et encore, la promesse de Jésus en Jean 14-16 emploie un mot qui l'exclut totalement. Il dit que "le Père vous donnera le Défenseur, afin qu'il reste éternellement avec vous." Eternellement, pas pour l'ère apostolique, pas jusqu'à la clôture du canon. "Eternellement." Et, la prophétie de Joël 2, que Pierre cite à la Pentecôte, Joël 2:28, Actes 2:17.
Joël 2:28 : « Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. »
Donc, plusieurs siècles avant J.C Dieu a prophétisé à travers Joël ; que l'Esprit se rependra en tout chair qui l'auront accepté.
Actes 2:17 « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. »
La diffusion de la Pentecôte est l'accomplissement d'une promesse destinée à se poursuivre pendant tout l'âge de l'Eglise jusqu'au retour du Christ. Les derniers jours ont commencé à la Pentecôte et nous y sommes toujours. La promesse est toujours active. Maintenant, des chrétiens sincères peuvent différer quant à l'expression précise des dons aujourd'hui, et la discussion est légitime. Mais, la question de savoir si l'Esprit, lui, est encore actif, présent, en mouvement. La Bible y répond par un "oui" permanent et sans réserve.
Allons plus loin dans le langage, car le mot de l'Ancien Testament pour « Esprit » ouvre une dimension que le grec ne montre pas entièrement. Le mot hébreu est ruach. Comme pneuma en grec, ruach signifie souffle ou vent. Mais, dans la pensée hébraïque, le souffle n'est pas seulement une fonction biologique. Il est la marque même de la vie. Dans Genèse 2:7, quand Dieu forme Adam de la poussière, le texte dit ; « L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant. »
Le mot pour « souffle » là est neshama, mais l'idée est inséparable de ruach.
Le souffle même de Dieu a pénétré l'argile, et un être humain est apparu. L'Esprit de Dieu est le souffle de Dieu qui entre dans ce qui est mort et le rend vivant. C'est pourquoi Ézéchiel 37, la vision de la vallée d'Ossement desséchée, est l'un des passages les plus importants pour comprendre le Saint-Esprit. Dieu montre à Ézéchiel une vallée d'Ossement, complètement desséchée, mort depuis longtemps. Et il demande, « Ces eaux peuvent-ils revivre ? » Puis Dieu ordonne à Ézéchiel de prophétiser, et, tandis qu'il parle, les eaux se rapprochent, la chair se forme, la peau les recouvre. Mais ils ne sont pas encore vivants.
Alors Dieu dit, Ézéchiel 37:9 : « Il me dit : Prophétise, et parle à l'esprit ! Prophétise, fils de l'homme, et dis à l'esprit : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent ! »
Et le Ruach vient, et ils vivent, et ils se tiennent debout, comme une armée immense. Voilà le Saint-Esprit, pas une douce présence de fond. Le Saint-Esprit, c'est la différence entre une vallée de cadavres et une armée debout, entre ce qui est spirituellement mort et ce qui est pleinement vivant.
Paul le reprend directement en Romains 8:11 : « Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. »
Le même Ruach qui planait sur les eaux à la Création, le même souffle qui anima Adam, le même vent qui remplit une vallée d'ossements desséchés, cet Esprit habite en vous. Une question en déroute plus d'un croyant.
Si le Saint-Esprit est une personne, une personne divine, envoyer pour habiter en chaque croyant, la question naturelle est qu'est-ce qu'il fait concrètement ?
L'Ecriture répond clairement. "Il convainc." Jean 16:8 : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : »
La conviction n'est pas la condamnation. Elle est précise et orientée, comme un coach qui, à la mi-temps, prend un joueur à part et montre exactement ce qui n'allait pas et comment le corriger. Ce n'est pas pour écraser, c'est pour corriger, afin que la seconde mi-temps soit différente.
Il guide. Jean 16:13 : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »
Pas tout d'un coup, pas par un téléchargement écrasant. Guider suppose un chemin, une direction, une relation en mouvement. Il ne vous donne pas une carte pour vous laisser seul. Il marche avec vous. Il enseigne et rappelle.
Jean 14:26 : « Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »
Voilà pourquoi l'Ecriture n'est pas seulement un texte historique à étudier. C'est une parole vivante que l'Esprit illumine de l'intérieur. La même personne qui a inspiré les auteurs de l'Ecriture habite en celui qui la lit. Quand l'Esprit vous ouvre un passage, ce n'est pas seulement votre intelligence à l'oeuvre, c'est l'auteur qui explique son propre livre.
Il intercède, Romains 8:26 : « De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse ; car nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. »
Quand vous ne savez plus prier, quand la situation dépasse vos mots, quand le poids est trop lourd pour le langage, Il prie pour vous, dans la langue du ciel, avec une connaissance parfaite à la fois de votre besoin et de la volonté du Père.
Il transforme, 2 Corinthien 3:18 : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit. »
Nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur. Devenir conforme à l'image du Christ n'est pas un projet d'autoamélioration. C'est l'oeuvre de l'Esprit, faite dans le temps, de l'intérieur.
Il distribue des dons, 1 Corinthien 12:4-11 énumère sagesse, connaissance, foi, guérison, miracle, prophétie, discernement, langue, interprétation. Il y a diversité de dons, mais le même Esprit. Et, Il les distribue à chacun, en particulier, comme Il le veut. Pas comme nous l'exigeons. Pas selon nos performances. Comme Il le veut, Lui, une personne avec sa propre volonté.
Il produit du fruit, Galates 5:22-23 « Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n'est pas contre ces choses. »
Notez, c'est un fruit, pas des exploits. Le fruit ne se fabrique pas. Il pousse naturellement d'une connexion vivante au coeur de la personne. Ses qualités sont le résultat organique d'une vie authentiquement connectée à l'Esprit.
Revenons un instant sur le terrain ; Toute grande équipe a du talent sur la pelouse, mais celles qui gagnent régulièrement, surtout dans les compétitions les plus exigeantes, ont autre chose. Un staff qui ne se contente pas de préparer les joueurs puis de regarder depuis les tribunes. Il est dans la zone technique. Il lit le match en temps réel. Il ajuste la stratégie au fil du jeu. Il communique ce que les joueurs, pris dans l'intensité, ne peuvent pas voir. Mais voici ce que la plupart des supporters ignorent. Les meilleurs entraîneurs ne se contentent pas de donner des consignes de l'extérieur. Ils changent ce qui se passe à l'intérieur du joueur. Un grand coach prend un joueur talentueux mais indiscipliné et le transforme non par des cris constants, mais par la relation. Par la confiance bâtie dans la durée. Par l'apprentissage d'une voix que le joueur reconnaît et à laquelle il répond même sous pression. Le joueur qui connaît la voix de son coach ne panique pas quand le match devient difficile. Il a été préparé. Il connaît la stratégie. Il fait confiance à celui qui l'a envoyé sur le terrain.
Telle est la relation que le Saint-Esprit veut avoir avec chaque croyant. Il ne regarde pas depuis les tribunes. Il n'est pas dans les tribunes du tout.
Il est en vous. Il lit ce que vous ne pouvez pas lire dans la chaleur du moment. Il connaît la stratégie quand vous ne voyez que la pression immédiate. Il parle quand vous avez besoin d'entendre, si vous avez appris à reconnaître sa voix. Les disciples qui ont marché avec Jésus trois ans ont quand même paniqué, renié, fui quand la pression est venue. Puis l'Esprit est venu. Et, les mêmes hommes qui se cachaient derrière des portes verrouillées se sont levés en public face à des foules hostiles proclamant la résurrection du Christ avec une clarté et un courage qui ont stupéfié leurs auditeurs. L'Esprit ne leur a pas seulement donné des mots. Il a changé ce qui se passait à l'intérieur. C'est ce qu'il fait. C'est pour cela qu'il a été envoyé.
Mais comment se relier à une personne qu'on ne voit pas ?
C'est la vraie question derrière tout le reste. Si le Saint-Esprit est une personne, pas une force, pas une ambiance, pas une expérience ponctuelle, la question logique est comment lui être réellement relié. Comme à toute personne qui mérite votre attention et votre confiance. Vous apprenez sa voix. Jésus dit, dans Jean 10, "que ses brebis connaissent sa voix." La voix de l'Esprit n'est pas la seule n'est pas, la plupart du temps, un son audible. C'est une impulsion intérieure, une conviction précise, une clarté qui vient quand vous êtes assez au calme pour la recevoir. L'apprendre demande du temps, de la pratique. La volonté d'agir selon ce que vous percevez est de regarder ce qui se produit quand vous obéissez ou quand vous n'obéissez pas.
Vous ne l'attristez pas, Ephésiens 4:30 : « N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. »
Les versets autour montrent ce qui l'attriste. Paroles corrompues, amertumes, colères, calomnies, méchanceté. Ce ne sont pas seulement des manquements moraux, ce sont des ruptures relationnelles. Elles blessent la proximité. Elles ne font pas partir l'esprit du croyant, mais elles diminuent la qualité de la communication.
Vous ne l'éteignez pas, 1 Thessaloniciens 5:19 : « N'éteignez pas l'Esprit. »
Éteindre évoque un feu. Vous n'arrosez pas l'esprit comme on éteint une flamme, mais vous pouvez l'étouffer. Par l'incrédulité, par un contrôle excessif, par l'exigence que tout rentre dans ce que vous attendez déjà de Lui, vous marchez à son rythme.
Galates 5.25 : « Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit. »
C'est une image de marche, stoicheo en grec, marcher en ligne, suivre en ordre, comme un soldat en formation ou un joueur qui se déplace en coordination avec l'équipe. L'Esprit donne l'allure et la direction. La tâche du croyant est de rester en cadence, ne pas courir devant, ne pas traîner, ne pas imposer un autre chemin, marcher avec Lui.
Revenons à notre point de départ, la personne dans la zone technique, présente avant le coup d'envoi, qui lit tout, qui ne quitte pas le côté de l'entraîneur, qui change le match de l'intérieur. Le Saint-Esprit est présent depuis avant la création. Il planait sur les eaux avant que la première parole de Dieu ne soit prononcée dans le vide. Il a rempli les prophètes qui ont décrit l'Ecriture. Il a couvert Marie de son ombre et le Fils Eternel a pris chair. Il est descendu sur Jésus à son baptême. Il a ressuscité Jésus d'entre les morts. Il est venu à la Pentecôte et n'est jamais reparti. Et si vous appartenez à Christ, Il vit en vous, pas comme un souvenir, pas comme une doctrine, pas comme un ressenti qui va et vient avec la louange, comme une personne présente, active, parlante, transformante, intercesseure, guide, le même ruach qui a insufflé la vie à Adam, le même vent qui a rempli la vallée d'Ossement et levé une armée, le même paraclet que Jésus a promis de rester éternellement avec vous, Il n'est pas à la retraite. Il n'a pas réduit sa présence. Il n'attend pas que vous performiez assez bien pour mériter sa compagnie. Il est déjà là.
La question n'est pas de savoir s'Il est présent. La question est le connaissez-vous ?
Pas si vous savez des choses sur Lui. Le connaissez-vous, Lui ?
Comme un joueur connaît un coach avec qui il s'est entraîné pendant des années. Comme une brebis connaît la voix du berger qu'elle a appris à suivre. Comme un disciple connaît une personne présente à chaque moment de sa vie, les plus lumineux et les plus honteux, et qui n'est jamais parti. Il est le défenseur, le souffle de Dieu, le conseiller, l'avocat qui ne quitte jamais votre côté.
Et, Il attend patiemment que vous cessiez de le traiter comme une force, pour commencer à le connaître comme la personne qu'Il est.
Alors, après avoir bien compris l'identité de l'Esprit, que se passe-t-il pour ceux qui ne le veut pas, qui l'insulte, ou autre contre l'Esprit ?
Si vous demandez aux chrétiens, moyen, quel est le verset le plus terrifiant de la Bible, il vous orientera probablement vers les visions apocalyptiques de l'Apocalypse, les avertissements concernant le feu éternel ou les sombres prophéties de jugement de l'Ancien Testament. Mais ils se tromperaient. La phrase la plus obsédante des Ecritures n'a pas été prononcée par un prophète fixant l'abîme, ni tonnée depuis le sommet d'une montagne. Elle a été prononcée par Jésus de Nazareth, par une après-midi ordinaire, entourée d'une foule de gens ordinaires. "Tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne leur sera pas pardonné." Cette simple phrase de Matthieu 12 a causé plus de nuits blanches, plus d'angoisse silencieuse, et plus de séances désespérées de conseils pastorales que presque n'importe quel autre passage du texte biblique.
En ce moment même, il y a des croyants fervents et sincères, assis sur les bancs de l'Église, servant dans des ministères et priant en secret, qui portent un poids silencieux et écrasant. Ils sont convaincus que, quelque part en cours de route, dans un moment de rébellion adolescente, dans une période de deuil intense ou dans un éclair de pensée intrusive, ils ont franchi une ligne qui ne peut jamais être effacée. Ils croient avoir commis le péché impardonnable.
Mais, si c'est votre cas, ou si vous connaissez quelqu'un qui porte ce fardeau, j'ai besoin que vous écoutiez très attentivement. L'histoire du péché impardonnable n'est pas celle que vous croyez. Ce n'est pas un piège tendu par un Dieu vindicatif.
Pour comprendre ce que Jésus voulait dire, nous devons examiner de près le moment exact où il l'a dit. Retournons dans la région de la Galilée. Le ministère de Jésus est à son apogée. Les foules grossissent, les guérisons sont indéniables, et l'establishment religieux, les pharisiens, observe chacun de ces mouvements avec une hostilité calculatrice. Ce ne sont pas de simples sceptiques. Ils forment l'élite théologique, des hommes qui ont mémorisé la Torah et passé leur vie à étudier les prophéties concernant le Messie à venir.
Un homme est amené devant Jésus. Il est aveugle, muet, et opprimé par un démon. La souffrance de cet homme est totale. Devant des centaines de témoins, Jésus le guérit complètement. L'homme voit, l'homme parle.
La foule est électrisée, chuchotant la question ultime. Celui-ci ne serait-il pas le fils de David ?
Les pharisiens sont acculés. Ils ne peuvent nier le miracle. La preuve se tient juste devant eux, clignant des yeux au soleil et parlant d'une voix claire.
Alors, ils prennent une décision tactique effrayante. Ils regardent la puissance indéniable de Dieu qui donne la vie, et ils disent cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, le prince des démons. Pensez à l'ampleur de cette déclaration. Ils prennent la lumière la plus pure que l'on puisse imaginer, la libération d'un être humain brisé, et ils la qualifient délibérément et publiquement de ténèbres. Ils regardent l'empreinte de Dieu et l'appellent l'oeuvre de Satan. C'est en réponse à cet acte spécifique et calculé de vandalisme spirituel que Jésus trace la ligne la plus dure de toutes les Ecritures.
Jésus a dit Matthieu 12:31 : « C'est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes ; mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. »
Jésus ne s'adresse pas à des chercheurs confus, inquiets des erreurs qu'ils ont commises. Jésus s'adresse à des hommes qui ont choisi l'aveuglement alors qu'ils regardaient directement le soleil.
Mais, comment savons-nous que nous ne sommes pas de tels hommes ?
Comment pouvons nous être sûrs de ne pas avoir commis le péché impardonnable ?
Pour répondre à cela, nous devons d'abord comprendre le véritable sens du blasphème. Lorsque nous entendons ce mot, blasphème, nous pensons généralement à un lapsus. À un juron lancé dans les embouteillages, ou à une pensée de colère dirigée vers le ciel lors d'une période de tragédie.
Mais, le mot grec utilisé ici, blasphêmia, signifie quelque chose de bien plus spécifique. Il signifie diffamation. Il signifie traîner activement et intentionnellement une réputation dans la boue, tout comme l'ont fait les pharisiens lorsqu'ils ont qualifié le miracle de Jésus d'oeuvre de Béelzébul.
Imaginez un témoin dans un tribunal qui sait avec une certitude absolue que l'accusé est innocent, mais qui ment délibérément sous serment pour faire exécuter l'accusé. C'est l'essence même du blasphème dans ce contexte. Ce n'est pas une déclaration erronée accidentelle, c'est un acte d'identification erronée, soutenue et conscient.
Et, quand vous rejetez un frère ou une soeur en Christ parce qu'ils n'ont pas la même école théologique que la vôtre ou qui soit dans une autre Eglise ayant quelques doctrines différentes que la vôtre avec une même foi, et vous lui dites "qu'il est un loup", "qu'il est du mauvais chemin," ou quelque chose de même genre, comme les pharisiens ont fait comprendre que Jésus est du mauvais chemin pour lui dire que ses oeuvres viennent de Satan, (alors qu'ils adoraient le même Dieu que Jésus est Dieu) ; vous commettez aussi le même péché le blasphème contre l'Esprit, car chaque chrétien sincère qui vit par l'Esprit du Christ, qui lui habite, est le même que dans votre corps, âme et esprit. Ici nous ne parlons pas de corriger une erreur de compréhension, c'est d'attrister l'Esprit en s'attaquant à l'Esprit vivant chez l'individu qui est le même que vous aviez acquis.
1 Romains 14 certains chrétiens mangent de tout, d'autres mangent seulement des légumes, certains observent certains jours.
Actes 15 débat majeur ; faut-il imposer la loi juive aux non-Juifs ? Même style que les rivalités quand une personne enseigne un dogme obligatoire et religieux envers ceux qui n'ont pas la même relation avec Dieu.
Mais, la réponse finale est ; non, pas comme condition du Salut. Il faut donc respecter la liberté des autres qui ne vivent pas certaine même doctrine religieuse et de dogme venant d'une Eglise.
1 Corinthiens 1:10 pour l'application aux différences des chrétiens de dénominations différente ; "tenir un même langage" c'est rester fidèles au Christ et à l'Évangile, même si les formulations doctrinales diffèrent (dogmes, sacrements, autorité) - "ne pas avoir de divisions" c'est éviter les attitudes de rejet mutuel ou de supériorité spirituelle - "être unis dans un même esprit" c'est reconnaître une foi commune en Jésus-Christ, même avec des structures d'Eglise différentes - "un même sentiment" c'est chercher l'amour, le respect et l'unité malgré les différences.
C'est ici que la théologie de la grâce devient époustouflante. Car juste avant que Jésus ne lance son avertissement terrifiant, il fait une déclaration d'une miséricorde stupéfiante. « Tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes. »
Pensez-y. A l'exception du blasphème contre le Saint-Esprit, tous les péchés seront pardonnés. Absolument tous.
Considérez le parcours des hommes que Dieu a choisi pour bâtir son Eglise. Pierre, dans l'heure la plus sombre de la vie de Jésus, s'est tenu près d'un feu de braise et a juré qu'il ne connaissait même pas Jésus. Pierre a été pardonné. Paul, avant sa conversion sur le chemin de Damas, était un terroriste religieux qui traquait les chrétiens et gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Etienne à mort. Il a été pardonné. David, le grand roi d'Israël, a commis l'adultère puis a orchestré un meurtre sur le champ de bataille pour brouiller les pistes. Lui aussi a été pardonné. Si le péché impardonnable n'était qu'une question de profond échec moral ou de trahison spectaculaire, ces trois hommes auraient été disqualifiés instantanément. Mais, ils ne l'ont pas été. Leurs histoires sont des monuments à la grâce.
Le péché impardonnable ne concerne donc pas la gravité de vos actes. Il s'agit de ce que vous avez fait au seul mécanisme capable de vous ramener. Rejeter Jésus, le Père, le Saint Esprit c'est tous pareil tous dans un seul et même être de Dieu.
Dans la théologie chrétienne, le Saint-Esprit possède un rôle unique et irremplaçable. Jean 16:8 Jésus nous dit que : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : »
Ce tiraillement silencieux dans votre poitrine lorsque vous lisez les Ecritures, cette prise de conscience soudaine que vous devez réparer vos torts, cette fin profonde pour quelque chose au-delà du monde matériel, c'est le Saint-Esprit à l'oeuvre. L'Esprit est l'agent de la repentance. La logique du péché impardonnable n'est pas que la grâce de Dieu se tarie soudainement. La logique est qu'en rejetant continuellement et délibérément le Saint-Esprit, une personne détruit systématiquement la faculté même en elle qui conduit à la repentance.
Imaginez que vous êtes perdu dans une forêt vaste et dense. Vous avez une boussole à la main, et c'est le seul outil qui peut vous guider vers la sécurité. Si vous décidez que la boussole vous ment et que vous prenez une pierre pour la réduire en miettes, ce n'est pas que le concept de « nord » cesse d'exister. Le nord est toujours là. Mais vous avez définitivement détruit l'instrument nécessaire pour le trouver.
C'est le mécanisme spirituel d'un coeur endurci. Le texte biblique utilise le mot grec « sklêrunô » pour décrire cet endurcissement. C'est la racine de notre terme médical « sclérose ». C'est un endurcissement car le coeur ne se transforme pas en pierre instantanément. Il le fait progressivement.
La première fois que l'Esprit convainc, le coeur tremble. La deuxième fois, le coeur rationalise. La cinquantième fois, il ne ressent rien. Et, la centième fois, il se moque activement de la lumière. (Les nombres de fois sont des exemples, ils peuvent être modifiés).
Nous voyons cette progression tragique dans l'histoire du Pharaon dans le livre de l'Exode. Le Pharaon ne s'est pas réveillé un matin en décidant de devenir un monument d'obstination. Il y est parvenu un refus à la fois. Après fléau sur fléau, il a continuellement choisi d'endurcir son propre coeur face à des preuves indéniables. Finalement, le texte change et dit que Dieu a endurci le coeur du Pharaon.
Dieu a simplement ratifié le choix que l'homme avait déjà fait de manière permanente. Le péché impardonnable n'est pas une porte que Dieu verrouille de l'extérieur pour vous empêcher d'entrer. C'est une porte que vous verrouillez de l'intérieur.
Tout au long de l'histoire de l'Eglise, de brillants théologiens ont lutté avec ce passage et leurs conclusions sont bien plus miséricordieuses que les angoisses modernes que nous portons.
Le père de l'Eglise primitive, Origène, a compris ce péché non pas comme un acte momentané, mais comme un détournement final et irrévocable de la volonté. Thomas d'Aquin a soutenu que le péché est impardonnable, non pas "ex parte Dei," du côté de Dieu, mais "ex parte peccatoris," du côté du pécheur, parce que le pécheur s'est rendu incapable de recevoir la grâce.
Et, cela nous amène au grand paradoxe pastoral au centre de toute cette conversation.
C'est une vérité que Charles Spurgeon a prêchée depuis sa chair et que John Bunyan, l'auteur du Voyage du pèlerin, qui a passé des années terrifiées à l'idée d'être damné, a fini par découvrir.
Le paradoxe est le suivant, la personne qui est terrifiée à l'idée d'avoir commis le péché impardonnable est presque certainement la personne qui ne l'a pas fait.
L'anatomie du péché impardonnable n'est pas l'angoisse, ce n'est pas le remords, ce n'est pas la peur désespérée et larmoyante d'être allé trop loin. La marque absolue du péché impardonnable est l'indifférence totale. Les pharisiens qui ont accusé Jésus ne perdirent pas le sommeil à cause de leur théologie. Ils ne pleuraient pas dans la prière. Ils ont lancé leur accusation calculée, époussetaient leur robe, et sont rentrés chez eux satisfaits d'avoir protégé leur influence politique. Un coeur qui a véritablement commis le péché impardonnable ne se soucie plus de Dieu. Vivez donc dans la repentance à vos prières souvent.
La boussole est brisée, le désir d'une véritable direction a complètement disparu. Si vous lisez ceci, que votre poitrine est serrée et que vous vous demandez si vous pouvez encore être pardonné, votre peur même est la preuve la plus profonde de votre vitalité spirituelle. Vous ne pouvez pas pleurer la perte de quelque chose que vous ne valorisez pas. Vous ne pouvez pas craindre la séparation avec Dieu dont l'Esprit n'est plus actif en vous. Votre anxiété n'est pas la sentence d'un juge. C'est le pouls d'une conscience vivante, la preuve que vous êtes encore rachetable.
L'Evangile est un chef-d'oeuvre bâti sur deux piliers nécessaires, un avertissement sévère et une grâce écrasante. Si vous enlevez l'avertissement, la grâce devient bon marché et sentimentale. Si vous enlevez la grâce, l'avertissement devient une terreur écrasante et paralysante. Jésus maintient parfaitement les deux ensembles. Il avertit l'élite religieuse parce qu'il joue à un jeu mortel avec la vérité. Mais aux personnes brisées, anxieuses et coupables, il offre une posture complètement différente.
Considérez le voleur pendu sur la croix à côté de Jésus. C'était un homme mourant pour une vie de crime violent. Il n'avait aucun connaissance théologique, aucun antécédent de bonnes oeuvres et plus de temps pour réparer ses torts. Il a simplement tourné la tête dans ses derniers instants d'agonie et a demandé qu'on se souvienne de lui. Jésus ne l'a pas mis à l'épreuve. Il n'a pas exigé de période de purgatoire. Il a regardé un criminel mourant et repentant et a dit dans Luc 23:43 : « Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »
Le Dieu qui a fait surgir les galaxies du néant par sa Parole, qui a séparé les mers et qui est sorti d'un tombeau scellé, ne se tient pas au-dessus de votre vie avec un registre ; attendant que vous franchissiez un fil de déclenchement invisible pour pouvoir enfin vous condamner.
Il est un Père scrutant l'horizon, attendant que le fils prodigue se tourne vers la maison ou retourne à la maison.
Si vous avez passé des années terrifiées par une erreur, une pensée ou une saison de rébellion ; alors, que ce soit le moment où vous déposez ce fardeau.
Le péché impardonnable est réel, mais c'est le péché d'un coeur qui a définitivement et délibérément éteint tout désir pour la lumière de Dieu. De même si vous souhaitez pécher volontairement et que vous vous dites que "je vais demander pardon après" votre coeur ne recevra pas Jésus de manière sincère, l'Esprit ne peut pas venir dans le mensonge, et vous allez vous endurcir et l'oublier peu à peu par la cause de votre tromperie qui se retournera contre vous-même, Dieu endurcira votre coeur à cause de votre manque de sincérité comme Il en a fait à Pharaon au bout d'un moment. Il vous faudra vous en délivrer du mensonge et reconnaître votre tromperie volontaire, révéler la lumière là où c'est sombre avant, pour redonner de la couleur dans votre coeur.
Mais, si vous êtes toujours là, vous vous posez toujours la question, vous vous en souciez toujours. Ce n'est pas de l'indifférence. C'est le Saint-Esprit, en ce moment même, qui maintient la porte ouverte. Tout ce que vous avez à faire, c'est de la franchir. La réponse est la grâce, pas la condamnation.


























































































