Le fruit de l'Esprit
Chaque fruit de l'Esprit expliqué — Et, comment vraiment les vivre ? (Une prière pour toi à la fin).
La plupart des gens pensent que le fruit de l'esprit est une liste de qualités à imiter, une sorte de liste de contrôle spirituel ; comme soit plus aimant, soit plus doux, soit plus fidèle.
Et ils ont tort. Laisse-moi t'expliquer pourquoi.
Laisse-moi t'expliquer avec un jardin. Pas un de ces jardins parfaits qu'on voit dans les magazines avec des allées tirées au cordeau et des fleurs alignées comme des soldats. Non, un vrai jardin, avec de la terre sous les ongles, des saisons qui passent, des branches qui semblent mortes en hiver, et puis, un matin de printemps, une fleur qui apparaît là où tu ne l'attendais plus.
Maintenant, regarde ta vie. Tu pries pour être plus patient, et tu perds ton calme dans les embouteillages. Tu demandes plus d'amour, et tu juges ton voisin avant midi. Tu veux la paix, et tu te ronges les ongles à 15h de l'après-midi. Tu vois le problème ?
Si tu lis Galate 5 comme un manuel de développement personnel, ou une liste de comportements à fabriquer par ta propre volonté, tu passes complètement à côté de ce que l'apôtre Paul est en train d'écrire. Tu passes à côté de la différence fondamentale entre une usine et un verger. Tu passes à côté de la différence entre une vie qui s'épuise à produire quelque chose, et une vie qui reste simplement connectée à la source. Le fruit de l'Esprit n'est pas une liste de choses que tu fais. C'est la description de qui tu deviens quand quelqu'un d'autre est aux commandes.
Dans Galate 5, Paul établit un contraste saisissant entre deux façons de vivre, les oeuvres de la chair et le fruit de l'Esprit. Remarque la différence de vocabulaire. La chair produit des oeuvres, des choses que tu fabriques, que tu construis de tes propres mains, des choses portées par l'effort humain et l'anxiété. La chair est une usine. Elle génère l'immoralité sexuelle, l'impureté, l'idolâtrie, l'hostilité, la jalousie et les accès de colère. Ce sont les sous-produits naturels d'une vie déconnectée de Dieu, qui cherche frénétiquement à satisfaire ses propres appétits.
Dans cette étude, nous allons découvrir comment se connecter à la source et produire le fruit de l'Esprit, même quand notre chair est faible, même quand les tentations cherchent à nous faire fabriquer les oeuvres de la chair. Mais d'abord, voyons comment le fruit de l'Esprit pousse. Pour comprendre cela, nous devons examiner de près chacune des neuf facettes de ce fruit unique. Nous devons dépasser nos définitions modernes et sentimentales pour regarder les mots grecs puissants que Paul a réellement utilisés.
Première heure du matin, dans une maison de Corinthe, au premier siècle. Une femme allume une petite lampe à huile, appelons-la Priscille, et ce qu'elle est sur le point de faire est très important. Elle va sortir dans une ville où les chrétiens sont méprisés, et apporter du pain à une famille qu'elle n'apprécie pas particulièrement. Une famille qui l'a même blessée, et pourtant elle y va. Pourquoi ?
Parce qu'en elle, quelque chose a commencé à pousser. Quelque chose qu'elle n'a pas planté elle-même. Quand Paul écrit au Galate, il place l'amour en tête de liste. Ce n'est pas un hasard. En grec, il existe plusieurs mots pour désigner l'amour. Il y a « érôs », le désir passionné. Il y a « philía », l'amitié, l'affection entre proches. Il y a « storgê », la tendresse familiale. Mais Paul choisit un mot très particulier. Il choisit « agápê ». Et, l'agápê n'est pas un sentiment. Ce n'est pas une émotion qui monte quand quelqu'un te plaît. L'agapé est une décision. C'est l'amour qui choisit de bénir même quand l'autre ne le mérite pas. C'est l'amour que Dieu nous montre à la croix quand nous étions encore ses ennemis.
Romains 5:8, le dit clairement ; « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. »
Tu vois la distinction ? L'amour humain attend que l'autre soit aimable. L'amour de Dieu agit en premier. Il descend, Il se met à genoux, Il lave des pieds sale. Et, c'est là que beaucoup d'entre nous se retrouvent bloqués.
Nous essayons d'aimer par nos propres forces. Nous serrons les dents. Nous forçons un sourire. Nous nous disons, allez, je dois aimer cette personne. Et au bout de trois jours, nous sommes épuisés. Pourquoi ? Parce que nous essayons de produire du fruit sans être connectés à la racine.
Jésus a dit en Jean 15, "demeurez en moi et je demeurerai en vous." Le sarment ne peut pas porter de fruits par lui-même sans rester attaché au cep. Il en va de même pour vous, "si vous ne demeurez pas en moi." Demeure, reste connecté ; c'est tout le secret.
Et, c'est précisément dans tes échecs à aimer que la grâce devient la plus visible. Chaque fois que tu n'y arrives pas seul, c'est une invitation à t'enraciner plus profondément. L'amour n'est pas en tête de liste par hasard. C'est la sève qui nourrit tous les autres, et la sève c'est l'Esprit.
Passons maintenant au deuxième fruit de l'esprit. Laisse-moi t'emmener dans une cellule de prison romaine. Pas une chambre d'hôtel, pas un bureau, une cellule. Humide, sombre, qui sent la sueur et la peur. Paul est enchaîné. Ses poignets portent encore les marques des fers. Il ne sait pas s'il en sortira vivant.
Et pourtant, il prend un parchemin, trempe sa plume et écrit une lettre à ses amis de Philippe. Et dans cette lettre, écrite depuis le fond d'une prison, il répète un seul mot encore et encore. La joie.
"Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. Je le répète, réjouissez-vous."
Arrête-toi un instant...
C'est là que la plupart des gens se trompent. Nous confondons la joie avec le bonheur. Le bonheur dépend de ce qui se passe autour de toi. Une bonne nouvelle, une tasse de café parfaite, un compliment. Mais, la joie biblique n'est pas cela, pas du tout. Le mot grec utilisé ici est « chara ». Et, chara partage la même racine que charisse, qui signifie grâce. Tu vois ce que cela signifie ?
La joie chrétienne est le fruit direct de la grâce reçue. Elle ne pousse pas dans le sol des circonstances. Elle pousse dans le sol du Salut. C'est pourquoi Paul peut chanter à minuit dans une prison philippienne, le dos en sang. Paul n'était pas heureux d'être en prison. Mais il était rempli de joie, parce que sa joie était ancrée dans quelque chose que les geôliers ne pouvaient pas toucher.
La joie est ce qui a permis à Jésus, en Hébreux 12:2, d'endurer la croix en échange de la joie qui lui était réservée. Jésus n'était pas heureux de souffrir, mais il était rempli de chara, parce qu'il pouvait voir au-delà de la croix, vers la résurrection et la rédemption de l'humanité.
Tu ne peux pas fabriquer la chara en pensant positivement ou en ignorant ta douleur. C'est le résultat organique du souvenir de ce que Dieu a fait pour toi ; comme quand l'Esprit rappelle à ton coeur l'Evangile, que tu es pardonné, adopté et assuré.
La joie est le fruit qui pousse, même dans l'obscurité.
Jésus le dit lui-même en Jean 15:11 : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Ma joie, pas une joie fabriquée, pas une joie imitée. C'est la joie de Dieu déversée en toi, et c'est là qu'il faut être honnête.
Peut-être qu'aujourd'hui tu traverses une saison où tu ne ressens rien. Tu pleures la nuit. Tu forces un sourire le dimanche. Tu te demandes si tu as perdu la foi parce que tu n'as plus envie de chanter.
Ecoute-moi bien...
La joie biblique n'exige pas que tu ne pleures jamais. Jésus a pleuré au tombeau de Lazare quelques instants avant de le ressusciter d'entre les morts. Les larmes et la joie peuvent coexister. Souviens-toi, la joie n'est pas le déni de la douleur, c'est la certitude que la douleur n'a pas le dernier mot.
Maintenant, imagine un bateau sur le lac de Galilée. Le soleil descend derrière les collines orientales et l'obscurité suit rapidement, et le vent descend des collines comme un animal sauvage. Les disciples rament de toutes leurs forces. L'eau s'engouffre par-dessus les bords. Pierre, le pêcheur expérimenté, est blanc de peur. Et, à la poupe du bateau, sur un coussin, Jésus dort. Pendant que le monde semble s'effondrer, il dort. Ils le réveillent en criant « Maître, nous allons nous noyer ! » Et alors, sans paniquer, sans même se redresser brusquement, Jésus se lève, regarde le vent et dit deux mots « Silence, calme-toi ! » Et la mer devient lisse comme un miroir.
La plupart des gens pensent que la paix, c'est l'absence de problèmes. Une vie tranquille, sans conflits, sans factures impayées, sans diagnostics médicaux, sans tensions au travail. Mais, ce n'est pas la paix dont parle la Bible. Pas du tout.
Le mot grec que Paul utilise est « eirēnē » . Et derrière ce mot grec se trouve le mot hébreu « shalom ». Le shalom n'est pas seulement l'absence de guerre. C'est la plénitude. C'est chaque chose à sa juste place. C'est la santé de l'âme quand le corps est malade. C'est la stabilité du coeur quand tout le reste tremble.
Tu entends la distinction ?
Le monde donne la paix en supprimant les problèmes. Jésus donne la paix au milieu des problèmes. C'est pourquoi il pouvait dormir dans la tempête. Non pas parce que la tempête n'existait pas, mais parce qu'il connaissait Dieu, son Père, celui qui tenait les vents dans le creux de sa main.
Et, peut-être que ce soir, tu rames. Tu rames contre une rupture, contre une dette, contre un diagnostic, contre une solitude qui te ronge vivant. Tu cherches la paix en essayant de calmer la tempête extérieure et tu t'épuises.
Le mot « gardera » est un terme militaire. Il décrit une garnison de soldats qui monte la garde autour d'une forteresse. La paix de Dieu n'est pas un sentiment. C'est une sentinelle. Et, cette paix ne se trouve pas en éliminant la tempête. Elle se trouve en réveillant le Christ qui dort dans ton bateau. La paix biblique ne te promet pas des eaux calmes. Elle te promet un Sauveur éveillé.
Maintenant, parlons de la "patience." Nous sommes plus de deux milles ans avant la naissance de Christ. Il y a un vieil homme au bord du désert. Le soleil brûle. Sa peau est tannée par les intempéries. Ses cheveux sont blancs. Il s'appelle Abraham. Cela fait vingt-cinq ans que Dieu lui a promis un fils. Vingt-cinq ans, pas vingt-cinq jours, pas vingt-cinq mois. Vingt-cinq ans à regarder le ventre de Sarah rester vide, à compter les étoiles en se demandant si Dieu se souvient encore de lui.
Et pourtant, quand Isaac naît enfin, la Bible ne dit pas qu'Abraham s'est effondré de soulagement. Elle dit qu'il a ri. Il a ri parce qu'il avait tenu bon. Il avait attendu. Il avait continué à croire alors que tout en lui criait d'abandonner. La plupart des gens pensent que la patience, c'est savoir attendre sans se plaindre, serrer les dents, tenir bon, une sorte de résignation polie. Mais ce n'est pas du tout ce que dit le texte grec.
Paul utilise le mot « makrothumia ». Décomposons-le. Makro qui signifie long, étendu. Et, thumos qui désigne la passion, la colère bouillonnante, le feu intérieur. Littéralement, cela signifie avoir une longue colère. En d'autres termes, cela signifie mettre un long délai avant que la colère n'explose. C'est la capacité de rester chaleureux d'amour quand on a toutes les raisons de devenir froid de ressentiment. Et, c'est exactement ce qui caractérise aussi Dieu, Il est lent à la colère, traduit en hébreu à l'expression "avoir un long nez."
Tu vois, ce n'est pas passif, c'est actif, c'est endurer activement. C'est choisir encore et encore de ne pas exploser, de ne pas claquer la porte, de ne pas couper le téléphone, de ne pas rayer ce nom de ta vie. Et, c'est exactement ce que Dieu fait avec nous.
2 Pierre 3:9 Pierre écrit ; « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. »
Il est patient. Combien de fois Dieu aurait-il pu en avoir fini avec toi ? Combien de fois aurait-il pu détourner son visage ? Mais il attend. Il attend que tu reviennes. Il attend que tu comprennes. Il attend que tu cèdes. Et c'est précisément là, dans ta lenteur, dans tes rechutes, dans tes promesses brisées, que la grâce devient la plus rayonnante, parce que chaque fois que Dieu t'attend encore, il révèle quelque chose de son coeur.
La patience ne pousse pas dans le confort. Elle pousse dans l'attente, dans la chambre d'hôpital où le pronostic ne s'améliore pas, dans le mariage où le conjoint n'a pas encore changé, dans la prière qui semble rebondir sur le plafond depuis cinq ans. Jacques le dit clairement, sachant que la mise à l'épreuve de votre foi produit la persévérance. La patience n'est pas l'art d'attendre, c'est l'art d'aimer pendant qu'on attend.
Maintenant, allons sur une route poussiéreuse entre Jérusalem et Jéricho. Un homme est allongé sur le bord de la route, battu, dépouillé, à moitié mort. Des mouches commencent à se poser. Un prêtre passe et traverse de l'autre côté. Un lévite jette un coup d'oeil et accélère le pas.
Et, puis arrive un Samaritain, un étranger, un homme méprisé des Juifs. Et c'est lui qui s'arrête, c'est lui qui descend de sa monture, c'est lui qui verse de l'huile et du vin sur les plaies, qui charge le blessé sur son propre animal et qui paie de sa poche pour qu'il soit soigné.
La plupart des gens pensent que la bienveillance, c'est être gentil, sourire, tenir la porte, ne rien dire de mal, une politesse spirituelle. Mais, ce n'est pas ce que la Bible appelle bienveillance.
Le mot grec que Paul utilise est « chrēstotēs », et dans le monde antique, ce mot avait une signification très précise. Il était utilisé pour décrire un vin qui avait suffisamment vieilli pour devenir doux, ou pour décrire un joug parfaitement ajusté à un animal qui ne blesse pas son cou. La bienveillance biblique, c'est exactement cela. C'est une douceur utile, une tendresse qui s'adapte à l'autre, une grâce qui prend la forme du besoin qu'elle rencontre.
Jésus utilise exactement ce mot en Matthieu 11:30 : « Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »
Bonnes, chrēstotēs, ajustées. Il ne te met pas un joug fait pour quelqu'un d'autre. Il te connaît, il sait où tu as mal, et il pose sa main exactement là où tu en as besoin.
Et, c'est ce que l'esprit produit en toi. Pas une gentillesse générique, pas un sourire forcé pour tout le monde, mais une attention précise, ciblée, incarnée. La bienveillance, c'est quand tu vois vraiment cette personne, quand tu remarques ce détail, quand tu fais ce geste qui dit sans mot « je vois ta douleur et je m'arrête pour t'aider ».
Paul écrit aux Romains 2:4 : « Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance* ? »
Une autre traduction plus moderne parle d'aptitude au dernier mot, au lieu de repentance.
Relis cela. Ce n'est pas sa colère qui te ramène, ce ne sont pas ses menaces, c'est sa bonté. C'est le fait qu'au moment où tu pensais qu'il allait te tourner le dos, il s'est penché vers toi avec de l'huile et du vin, et autour de toi, il y a des gens allongés sur le bord de la route. Tu ne les vois peut-être pas parce qu'ils sourient en public, mais ils saignent. Le collègue qui semble distant, le voisin qui ne dit plus bonjour, l'ami qui ne répond plus aux messages. La bienveillance, c'est ralentir le pas quand tout le monde accélère. La bienveillance n'est pas la politesse, c'est la grâce qui marche vers l'autre.
Maintenant, allons dans un champ de Moab. Le vent soulève la poussière. Deux femmes se font face sur une route. La plus âgée, le visage marqué par le deuil, s'appelle Naomi. Elle a perdu son mari et ses deux fils. Il ne lui reste rien.
Elle dit à sa belle-fille, Ruth, retourne chez ton peuple, trouve un autre mari, recommence ta vie. C'est la chose raisonnable à dire, la chose logique. Mais Ruth la regarde, et de sa bouche sort une phrase qui voyagera trois mille ans. Où tu iras, j'irai, et où tu t'arrêteras, je m'arrêterai. Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu.
C'est la bonté biblique, ce n'est pas une émotion, c'est un engagement. La plupart des gens pensent que la bonté signifie avoir de bonnes intentions, vouloir le meilleur pour les autres dans son coeur. Mais le mot grec que Paul utilise est « agathōsunē » (ou agathōsynē pour une translittération plus précise). Et, l'agathōsunē ne décrit pas seulement une bonne intention. Elle décrit la générosité, une bonté morale active, une intégrité qui oeuvre pour le bien de l'autre, même quand cela coûte cher, même quand personne ne regarde, même quand l'autre ne le mérite pas.
Mais en quoi la bonté diffère-t-elle de la bienveillance ? La bienveillance, c'est la douceur du geste. La bonté, c'est la constance de l'engagement dans la durée. La bienveillance pose un pansement, nettoie la plaie. La bonté reste assise au chevet du lit pendant des mois. Et, c'est ce que Dieu fait avec nous. Et c'est précisément dans tes pires moments que cette bonté devient visible. Quand tu pensais que Dieu en avait assez, quand tu pensais avoir épuisé sa patience, c'est là, exactement là, que sa bonté se penche vers toi une fois de plus.
Mais voici la question difficile. Es-tu cette personne pour quelqu'un d'autre ?
Es-tu celui qui reste quand les autres partent ?
Es-tu celui qui rappelle encore après six mois de silence ?
La bonté n'est pas le geste spectaculaire. C'est la longue présence. C'est l'ami qui revient. C'est le parent qui n'abandonne pas. C'est le conjoint qui choisit encore aujourd'hui de rester. La bonté n'est pas un sentiment fugace. C'est une fidélité qui marche à tes côtés quand tout le reste est parti.
Maintenant, imagine un cheval de guerre, un étalon prêt au combat, capable de charger une armée, de piétiner un homme, de fendre l'air de ses sabots. Et pourtant, ce cheval a un seul mot du cavalier, s'arrête. Au plus léger toucher des rênes, il tourne. Toute sa puissance est là, intacte, palpable sous la peau. Mais il se laisse diriger, et il obéit. C'est l'image que les grecs anciens avaient à l'esprit quand ils utilisaient le mot prautēs, le mot que Paul traduit par douceur.
La plupart des gens pensent que la douceur, c'est la faiblesse, la timidité, un manque de caractère, quelqu'un qui ne dit jamais non, quelqu'un qu'on peut écraser sans qu'il bronche. Mais, ce n'est pas du tout ce que dit le texte biblique, pas du tout. Prautēs décrivait précisément un animal puissant qui avait été dressé, un cheval qui pourrait tout détruire, mais qui choisit l'obéissance. La douceur biblique n'est pas l'absence de force, c'est la force bridée, c'est la puissance sous contrôle.
Et, c'est exactement le mot que Jésus utilise pour se décrire lui-même. Matthieu 11:29 : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. »
D'où praÿs / praus
. Le même mot. Le Fils de Dieu, celui qui a parlé et l'univers a jailli, celui qui pourrait appeler douze légions d'anges, choisit la douceur. Il ne l'a pas choisi parce qu'il était faible, il l'a choisi parce qu'il était fort, si fort qu'il pouvait se laisser frapper sans répondre. Tu vois la différence ? Une personne faible ne peut pas être douce, elle ne peut qu'être passive. La vraie douceur requiert une force préalable que l'on choisit de retenir.
Moïse est appelé l'homme le plus doux de la terre. Moïse qui a tenu tête à Pharaon, qui a brisé les tables de la loi, qui a affronté tout un peuple. Doux ne veut pas dire mou, doux veut dire maître de soi devant Dieu.
Et, c'est là que beaucoup d'entre nous échouent. Quand quelqu'un nous offense, notre réflexe est de frapper en retour, de rendre coup pour coup, de défendre notre honneur. Mais Paul écrit en Colossiens 3:12 : « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. »
Ce revêtir est un choix de garde-robe.
Chaque matin, tu choisis de t'habiller de douceur, comme tu enfilerais un manteau. Imagine ce que cela change. Ta réponse au conjoint qui te blesse, ton avec l'enfant qui te pousse à bout, ton message au collègue qui t'humilie. La douceur ne supprime pas la force, elle la canalise. La douceur n'est pas l'absence de puissance, c'est la puissance qui s'incline devant Dieu.
Et maintenant, nous visitons une petite ville de Macédoine. Un atelier en bordure de rue. Un homme et une femme sont au travail, en train de fabriquer des tentes. Ils s'appellent Achillas et Priscille. Personne n'écrit de livres sur eux. Personne ne les met en couverture. Mais pendant des années, ils ouvrent leur maison, accueillent Paul, enseignent un jeune prédicateur nommé Apollos, soutiennent l'Eglise. Jour après jour, sans fanfare, sans applaudissements, ils sont simplement là. Ils sont fiables. On peut compter sur eux.
La plupart des gens pensent que la fidélité, c'est un grand serment prononcé le jour du mariage. Une promesse spectaculaire, tenue parce qu'on la dit à voix haute. Mais la fidélité biblique est bien plus profonde, et bien plus silencieuse. Le mot grec que Paul utilise est «
pistis ». Le même mot traduit ailleurs par foi. Tu vois la nuance ?
Fidélité et foi, en grec, c'est le même mot.
La fidélité, c'est la foi en mouvement. C'est ta confiance en Dieu traduite en durée, en régularité, en fiabilité de tes actes. C'est la personne qui se lève chaque matin, et fait ce qu'elle a dit qu'elle ferait. C'est l'employé qui travaille avec la même intégrité, quand personne ne regarde. C'est le parent qui prie pour son enfant depuis vingt ans, sans encore voir la réponse. C'est le conjoint qui reste, le pasteur qui sert sa petite congrégation pendant trente ans, le bénévole qui ouvre les portes de la salle chaque dimanche depuis dix ans. Et, c'est exactement ce que Dieu est pour nous.
Pas seulement les bons jours, pas seulement quand tu prie bien, chaque matin. Même celui où tu te réveilles épuisé, même celui où tu doutes. Sa fidélité est là, fraîche, comme la rosée.
Mais, regarde ce que Paul écrit à 2 Timothée 2:13 : « si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. »
Sa fidélité ne dépend pas de la tienne. C'est précisément dans tes promesses brisées que sa fidélité brille le plus fort. Et, c'est cette fidélité, reçue en abondance, qui devient peu à peu le fruit qui pousse en toi. La fidélité n'est pas une flamme. C'est une braise qui ne s'éteint jamais.
Et pour finir, nous allons à Olympie, dans la Grèce antique. Le soleil brûle. Des coureurs s'alignent sur la piste, muscles tendus, souffles courts. Pour se qualifier à cette compétition, ces hommes ont traversé dix mois d'entraînement brutal. Pas de vin, pas de festin, pas de nuit courte, chaque bouchée pesée, chaque heure de sommeil comptée, et tout cela pour une couronne de feuilles de laurier qui se fânera en une semaine.
Paul connaissait bien ses athlètes, et il écrit au 1 Corinthiens 9:25 : « Tous ceux qui combattent s'imposent toute espèce d'abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. »
La plupart des gens pensent que la maîtrise de soi, c'est dire non aux choses qu'on aime. Une discipline froide, austère, presque punitive. Mais ce n'est pas ce que dit le texte grec.
Le mot que Paul utilise est « enkratéia ». Décomposons-le ; « En » qui signifie « à l'intérieur », et « kratos » qui signifie « puissance, force, autorité ». Littéralement, cela signifie « avoir la puissance en soi ». C'est la capacité de se gouverner soi-même, de tenir les rênes de ses propres désirs, au lieu d'être traîné par eux. Tu vois la différence ?
La maîtrise de soi n'est pas la haine du plaisir. C'est la liberté face au plaisir. C'est pouvoir dire oui quand le moment est venu, et non quand ce n'est pas le cas. C'est ne plus être esclave de son téléphone, de sa colère, de sa nourriture, de son regard, de son portefeuille.
Et, c'est pourquoi Paul la place en dernier. Non pas parce qu'elle est la moins importante. Au contraire, c'est le seau qui scelle tous les autres fruits. A quoi sert l'amour si tu ne peux pas tenir ta langue ?
A quoi sert la patience si tu cèdes à la première impulsion ?
La maîtrise de soi est le gardien qui protège tout le reste. Proverbe 25:28 la formule avec une image frappante ; « Comme une ville forcée et sans murailles, Ainsi est l'homme qui n'est pas maître de lui-même. »
Une ville sans murailles. Imagine. N'importe qui peut entrer. N'importe quelle pensée. N'importe quelle tentation. N'importe quel ennemi. Tu es exposé.
Et, c'est là que la grâce vient nous trouver. Parce que soyons honnêtes, tu as essayé. Tu as pris des résolutions. Tu as juré que tu arrêterais. Et, trois jours plus tard, tu étais de retour à la case départ, écrasé par la culpabilité. Mais, souviens-toi. La maîtrise de soi est un fruit de l'Esprit, pas un fruit de ta volonté. Tu ne la produis pas en serrant les dents. Tu la reçois en restant connecté à la racine. C'est l'Esprit qui te donne, peu à peu, la puissance intérieure que tu n'as pas en toi-même. La maîtrise de soi n'est pas la prison du plaisir. C'est la liberté de l'enfant de Dieu.
Maintenant, prends du recul un instant. Reprends ton souffle et regarde ce que tu viens de voir. Neuf qualités, neuf mots. L'amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la douceur, la fidélité, la maîtrise de soi.
Et pourtant, dans le texte grec de Galates 5, Paul ne dit pas les fruits au pluriel, il dit le fruit au singulier. Le fruit de l'Esprit est...
Tu vois la distinction ?
Ce n'est pas un panier de fruit différent ou tu peux choisir ce que tu aimes. Ce n'est pas un buffet où tu prends l'amour, mais pas la patience. C'est un fruit unique, avec neuf facettes. Une seule spiritualité qui pousse se manifestant sous neuf formes différentes, selon les saisons de ta vie. C'est comme une grappe de raisin, chaque grain est distinct, mais tous viennent du même cep qui est Jésus-Christ et nourris par la même sève qui est l'Esprit.
Si l'amour pousse en toi, la joie suivra. Si la paix s'installe, la patience devient possible. Si la douceur prend racine, la maîtrise de soi cesse d'être une bataille épuisante. Et, c'est là le génie de l'humain que Paul utilise. Il ne dit pas les oeuvres, il dit le fruit. Les oeuvres c'est ce que tu fabriques, le fruit c'est ce qui pousse. Tu ne forces pas un pommier à produire des pommes, tu l'enracines, tu l'arroses, tu le tailles, et en temps voulu le fruit apparaît naturellement et inévitablement.
Rien, pas un peu de chose, mais vraiment rien. Et, c'est précisément là que tant de chrétiens et chrétiennes s'épuisent ; ils essaient produire le fruit par eux même, ils lisent un livre sur la patience et sert les dents. Ils écoutent un serment sur l'amour et force un sourire. Ils tiennent une semaine, puis s'éfondre. Pourquoi ?
Parce que le fruit ne se fabrique pas, il se reçoit.
La vraie question est donc, comment je peux être plus patient ?
Comment puis-je aimer davantage ?
La vraie question est suis-je connecté au cep ?
Est-ce que je demeure ?
Demeurer dans la parole, demeurer dans la prière, demeurer dans la communion, demeurer dans la repentance quotidienne, demeurer dans l'Esprit. Et, au fil des saisons sans même que tu te rends compte les gens autour de toi le verrons. Ton conjoint ou ta conjointe dira ; - tu as changé.
Ton collègue se demandera de ce qui est différent chez toi. Tes enfants verrons un parent qui ne crie plus comme avant. Non pas parce que tu as réussi, mais parce que l'Esprit a porté son fruit.
Le fruit de l'Esprit n'est pas une liste de contrôle, c'est un visage qui prend peu à peu les traits du Christ. Mais, comment demeurer en Christ ?
Comment rester connecté au cep ?
D'abord, si tu ne l'a pas encore fait, tu dois accepter Jésus-Christ comme ton Seigneur et Sauveur personnel. Redonne ta vie à Dieu. Ensuite, demande à Dieu de ; prendre le contrôle de ta vie. De t'aider à l'aimer de plus en plus chaque jour. Et, chaque jour prend l'habitude de lire la parole de Dieu, même si c'est juste un verset. Prend l'habitude de parler à Dieu, même si c'est juste pour le remercier de ta vie ou pour lui dire tes peurs.
Et, Dieu t'écoute.
Dit cette prière avec moi ; - Seigneur je viens à toi telle que je suis. Pas avec un bilan parfait. Pas avec une liste de réussite. Juste moi, avec mon impatience, mes échecs, mes promesses brisées, mes tentatives épuisées d'être meilleurs par mes propres force. Aujourd'hui je choisis de cesser de forcer, et de commencer à demeurer en toi. Je reconnais que je ne peux pas produire le fruit de l'Esprit par mes propres forces. J'ai besoin de toi. Jésus soit mon Seigneur, soit mon Sauveur, je crois que tu es mort pour moi et que tu es ressuscité. Et, je choisis aujourd'hui de faire de toi la racine de tout ce que je suis. Prend le contrôle de ma vie. Apprend moi à t'aimer comme il se doit. Fait pousser en moi ce que je ne pourrai jamais faire pousser moi-même, afin que je sois connecté à toi pour toujours. Au nom de Jésus, amen.
Voilà, tu repars avec neuf mots, mais surtout tu repars avec une image ; cel d'un arbre, pas une liste, pas un manuel d'instruction. Un arbre planté au bord des eaux, portant son fruit en sa saison.
Peut-être qu'aujourd'hui, tu te sens loins de tout cela. Peut-être que tu te dis ; je ne vois aucun fruit dans ma vie...
Ecoute-moi ; les arbres ne portent pas de fruits en hiver, mais sous la terre les racines s'enfoncent plus profondément. Et, au printemps ce qui semblait mort, commence à fleurir. Ne te concentre pas sur le fruit, concentre-toi sur la racine. Demeure en Christ, reviens à lui chaque matin. Ouvre sa parole, parle-lui même quand tu n'as pas de mots. Et, laisse le fruit de faire ce que toi seul tu ne peux pas faire.
Si cette étude ajoutant avec la prière t'a touché, partage-la avec quelqu'un. A quelqu'un qui en a besoin aujourd'hui, et que l'arbre du Christ porte beaucoup de fruits en toi, pour sa gloire.








































































