Perdre le Salut
Est-ce qu'un véritable chrétien ou chrétienne peut perdre le Salut ? C'est à dire perdre aussi l'Esprit qui Lui aurait habité en lui ou en elle, perdre la foi en Christ, perdre le chemin de la vie éternel avec Dieu.
Imaginez un parking de l'église est presque vide. Le service s'est terminé il y a près d'une heure, mais un homme est encore assis au volant de sa voiture. Le moteur est éteint. Les clés reposent dans sa main ouverte. À travers le pare-brise, il voit des bénévoles empiler les chaises à l'intérieur du bâtiment, tandis que les dernières familles s'en vont. Sur le siège passager repose une Bible ouverte. À côté, un carnet rempli de dates, de prières, de promesses et de confessions.
Vingt ans plus tôt, il se tenait dans une église, les mains levées, le visage couvert de larmes, disant à Dieu qu'il lui donnait tout. Ce soir, il a chanté les mêmes chants d'adoration, entendu les mêmes promesses, et sourit quand on l'a salué à la porte.
Mais il est retombé, encore, et maintenant, seul dans le silence de sa voiture, une question lui presse la poitrine comme une lame.
« Dieu m'a-t-il lâché ? Ai-je perdu mon salut ? »
Et c'est là tout le paradoxe.
La Bible affirme que rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Et pourtant, elle avertit aussi, avec une gravité terrifiante, ceux qui se détournent après avoir goûté au don céleste. Alors, laquelle des deux est vraie ?
La plupart des gens choisissent un camp et referment le livre. Mais ce n'est pas ce que le texte nous demande de faire. Ce n'est pas ce que Jésus nous demande de faire.
Avant d'entrer dans le débat, nous devons poser les mots sur la table. Car la plupart des disputes théologiques ne sont pas vraiment des disputes sur la Bible. Ce sont des disputes sur des mots que personne n'a pris le temps de définir. Commençons donc par cette expression « vrai chrétien ». Dans le Nouveau Testament, être chrétien n'est pas d'abord une étiquette culturelle, ni une case cochée sur un formulaire officiel à la naissance.
Le mot « chrétien » en grec « christianos » apparaît pour la première fois à Antioche, au chapitre 11 des Actes. Il désigne ceux qui appartiennent à Christ, ceux qui portent son nom parce qu'ils portent sa vie. Un vrai chrétien, dans le langage du Nouveau Testament, est quelqu'un qui a été régénéré par l'Esprit, qui a placé sa confiance dans l'oeuvre de Jésus, et dont toute la vie a été réorientée autour de lui. Appart bien entendu il développe les fruits de l'Esprit qu'il a acquis et de sa relation avec Jésus, et de son développement personnel qui se reflètera de ce qu'il est devant le public.
Ce n'est pas simplement quelqu'un qui a récité une prière un soir de camp d'été. C'est quelqu'un en qui quelque chose est vraiment mort, et quelque chose est vraiment né. Et, c'est là que la question devient urgente, car si vous définissez mal ce qu'est un vrai chrétien, vous répondrez mal à la question de savoir si un chrétien peut perdre son salut.
Passons maintenant au deuxième mot, « salut ». En grec, « sōtēría ». Ce mot ne signifie pas simplement « aller au ciel quand je meurs ». Il signifie « être secouru, délivré, préservé et guéri ». C'était un mot utilisé pour un naufragé tiré des flots, pour un malade rendu à la vie, ou pour une ville épargnée de la destruction.
Le salut biblique se déploie en trois étapes.
- Il y a le salut passé, le moment où Dieu nous a justifiés par la foi.
- Il y a le salut présent, la sanctification, ce lent processus par lequel l'Esprit nous transforme.
- Et, il y a le salut futur, la glorification, quand nous serons complètement délivrés, corps et âme, lors de la résurrection.
Cette distinction change tout, car lorsque quelqu'un demande « le salut peut-il être perdu ? », nous devons lui répondre par une autre question. De quel aspect du salut parlez-vous ? Le salut déjà reçu ? Le salut en train de s'accomplir ? Le salut encore à venir ? Les réponses ne sont pas identiques.
Et, voici la vérité qu'il faut comprendre avant d'aller plus loin. Dans la Bible, le salut n'est jamais quelque chose que l'on porte dans sa poche comme un billet, c'est une relation vivante avec un Dieu vivant. Et, une relation ne se perd pas comme un objet, elle se vit fidèlement, ou elle se trahit.
Nous devons maintenant entrer dans le premier grand camp, la sécurité éternelle.
Aussi connu, dans la tradition réformée, sous le nom de persévérance des saints. Imaginez un instant, Genève au 16e siècle. Les rues sont pavées, les cloches de l'église sonnent, et dans un modeste bureau, un homme au visage, fatigué, écrit à la lueur d'une bougie. Jean Calvin. Il vient de perdre plusieurs personnes qui lui étaient chères. Autour de lui, l'Europe se déchire entre catholiques et protestants.
Et, il est convaincu d'une chose ; - Si le salut dépend même en partie de la performance humaine, alors personne ne sera jamais sauvé. Personne. Car le coeur humain est trop instable, trop traître, trop faible. Le salut doit venir entièrement de Dieu, du début à la fin, ou il ne vient pas du tout.
C'est le coeur battant de cette doctrine.
Elle affirme ceci ; - Si Dieu a véritablement commencé une oeuvre en vous, il l'achèvera. Car votre salut ne repose pas sur la force de votre emprise sur Dieu. Il repose sur la force de l'emprise de Dieu sur vous.
Regardez le vocabulaire biblique. Ephésiens chapitre 1 dit que nous avons été marqués du seau du Saint-Esprit. Le mot grec est
«
sfragizo ». Il désignait le seau de cire apposé sur un document royal. Personne ne pouvait le briser sans commettre un crime contre le roi. Quand Dieu vous marque de son seau, il vous marque de son autorité. Et personne, pas même vous, ne peut arracher ce seau.
Regardez encore. En Jean chapitre 10, Jésus dit de ses brebis, « Personne ne pourra les arracher de ma main. »
Le verbe grec est «
arpazo »
signifie saisir violemment, arracher ou emporter de force. Jésus déclare qu'aucune force, aucune circonstance, aucun démon et aucun échec ne peut arracher un vrai croyant de sa main.
Ceux qui défendent cette position ne disent pas que "les chrétiens ne pêcheront plus jamais." Ils ne disent pas que "les chrétiens ne connaîtront jamais de chutes profondes, de nuits sombres ou de doutes qui hurlent." Ils disent que "dans ces moments-là, Dieu ne lâche pas prise. Il les ramène. Il restaure. Il achève ce qu'il a commencé. La sanctification peut vaciller. Le salut, non."
Et, voici le poids émotionnel de cette doctrine. Pour l'homme encore assis, seul, sur le parking de l'église, la sécurité éternelle est une bonne nouvelle bouleversante. Elle lui dit que sa chute ne prouve pas que Dieu l'a abandonné. Elle prouve qu'il a encore besoin de Dieu. Et Dieu est encore là. La sécurité éternelle n'est pas un permis de péché. C'est un sol solide sous les pieds d'eau d'un pêcheur qui pleure.
Traversons maintenant le débat pour entrer dans l'autre camp. Le camp qui croit qu'un vrai croyant peut tragiquement se détourner et perdre son salut. C'est la doctrine de l'apostasie possible.
Remontons dans le temps. Les Pays-Bas, au début du 17e siècle. Un professeur de théologie nommé Jacobus Arminius lit et relit les lettres de Paul. Les avertissements du livre des Hébreux et les paroles brûlantes de Jésus dans les Evangiles. Et, quelque chose le trouble ; - Pourquoi la Bible passerait-elle autant de temps à avertir les croyants de ne pas tomber, si tomber était impossible ? Pourquoi Paul dirait-il qu'il discipline son propre corps, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même disqualifié ?Pourquoi l'auteur des Hébreux parlerait-il de gens qui ont goûté au don céleste et qui sont ensuite tombés ?
C'est le coeur de cette position.
Elle affirme ceci ; Dieu ne force personne à l'aimer, tout comme Jésus n'a jamais dit "adorez-moi". L'amour, par nature, doit être libre, et c'est l'essence même de la foi. Et, si l'amour est libre au commencement, il le reste tout du long. A tout moment, vous pouvez retirer votre consentement, comme vous pouvez endurcir votre coeur. Vous pouvez, comme le dit l'Ecriture, faire naufrage quant à la foi.
Le vocabulaire grec ici est frappant. Le mot apostasie, « apostasia », signifie littéralement se tenir à l'écart, se retirer ou se détacher délibérément. Ce n'est pas un accident, ce n'est pas trébucher dans la rue. C'est une décision, c'est tourner délibérément le dos à celui que l'on a connu.
Et, le mot que Paul utilise en parlant du naufrage de la foi, « nauagéō », évoque un bateau qui se brise sur les rochers. Ce n'était pas un bateau imaginaire, c'était un vrai bateau qui avait vraiment navigué et vraiment transporté une cargaison. Et, il se brise, il coule. Ce n'était pas un faux bateau depuis le début.
Ceux qui défendent cette position insistent sur un point crucial. Ils ne parlent pas d'un chrétien qui tombe dans le péché et qui pleure. Ils parlent d'un chrétien qui, avec le temps, cesse de croire, cesse d'aimer, renie activement Christ et refuse de revenir. Ils prennent au sérieux le mystère de la liberté humaine. Ils prennent au sérieux les avertissements de la Bible, non pas comme des menaces vides, mais comme les cris d'un père qui voit un enfant en danger de se perdre.
Et là aussi, il y a un poids émotionnel. Pour la personne devenue trop à l'aise dans le péché, pour celle qui s'endort spirituellement en supposant que rien ne peut lui arriver, cette doctrine est un réveil brutal. Elle dit, votre foi n'est pas un objet, c'est une flamme. Et, une flamme doit être protégée, nourrie, entretenue. L'apostasie possible n'est pas une peur qui paralyse, c'est un avertissement qui réveille. La foi n'est pas un héritage passif, c'est une marche vivante.
Ouvrons maintenant le texte. Examinons, un par un, les versets sur lesquels repose la sécurité éternelle, non pas pour les manipuler, mais pour les entendre. Commençons par Jean 10:28-29. C'est Jésus qui parle ; « Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. »
Ecoutez ces mots ; Vie éternelle, jamais, personne.
Ce n'est pas un langage prudent, c'est un langage absolu.
Jésus accumule les négations pour rendre la promesse impossible à déraciner.
Passons maintenant à Romains 8:38-39, Paul écrit avec la voix d'un homme battu, emprisonné et naufragé. Et il déclare ; « Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Paul énumère tout ce qui existe et il déclare que rien de tout cela ne peut nous séparer. Et, remarquez l'expression « aucune autre créature ». Vous aussi, vous faites partie de la création ? Même vous, vous ne pouvez pas vous séparer vous-même de cet amour ?
Considérez aussi Ephésiens 1:13 : « En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire. »
Le mot grec « arrabōn » désignait un acompte versé dans une transaction commerciale. Cet acompte constituait la garantie que le paiement intégral suivrait. Le Saint-Esprit, qui a été donné au croyant, est le gage de notre héritage : il est la garantie donnée par Dieu que sa promesse sera pleinement accomplie. Il constitue ainsi le premier gage de l'héritage que Dieu réserve au croyant, jusqu'à la rédemption de ceux qu'il s'est acquis.
Regardez Philippiens 1:6 : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. »
Paul ne dit pas « j'espère », il dit « j'en suis persuadé ». L'oeuvre appartient à Dieu et non à l'homme, et celui qui l'a commencé est celui qui l'achèvera.
Il faudrait, dans le langage de Jésus, "ne pas accomplir la volonté du Père." "C'est impossible."
Voilà le cadre. La sécurité éternelle ne repose pas sur un verset isolé. Elle repose sur la nature même de Dieu. Notre Dieu qui commence et qui achève aussi. Dieu qui sauve et qui garde aussi.
Tournons maintenant la page. Regardons l'autre ensemble de versets. Les versets que la sécurité éternelle doit expliquer et que l'apostasie possible place au centre. Ce ne sont pas des notes de bas de page. Ce sont des versets considérables. Ouvrez Hébreux 6:4-6 : « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont été faits participants du Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu'ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l'exposent à l'ignominie. »
Regardez l'accumulation. Éclairés, ayant goûté au don du ciel, ayant eu part au Saint-Esprit. Ce ne sont pas les mots que la Bible utilise habituellement pour décrire de faux croyants.
Le mot grec « metochos », traduit par « participants », est le même mot employé plus loin en Hébreux 3:14, où il est dit que nous sommes « participants de Christ ». Dans Hébreux 6:4, ceux qui ont « été faits participants du Saint-Esprit » sont donc décrits avec le même terme grec que ceux qui sont appelés « participants de Christ ». Et pourtant, l'auteur envisage la possibilité qu'il se détourne.
Le mot grec « parapiptō » signifie « tomber à côté », « s'égarer », « faire un faux pas » ou « tomber dans l'erreur ». Dans Hébreux 6:6, il est traduit par « sont tombés » et décrit une chute ou un abandon grave.
Allez en Hébreux 10:26-27 : « Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles. »
Le mot « nous » est frappant. L'auteur s'inclut lui-même dans l'avertissement. Il ne parle pas de païens. Il parle de croyants qui pourraient, par choix persistant, rejeter ce qu'ils ont reçu.
Considérez maintenant 2 Pierre 2:20-21 : « En effet, si, après s'être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s'y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première. Car mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l'avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. »
Pierre parle de ceux qui se sont arrachés aux influences corruptrices du monde par la connaissance qu'ils ont eue de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et qui ensuite se laissent de nouveau prendre et dominer par elle. Et, il ajoute cette phrase terrible ; "Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître le chemin d'une vie juste plutôt que de s'en détourner après l'avoir connu."
Ces gens savaient, ils s'étaient arrachés et ils sont revenus en arrière.
Regardez Galates 5:4. Paul écrit ; « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce. »
Le mot grec « ekpiptō », traduit ici par « déchus », signifie littéralement « tomber de » ou « tomber hors de ». Il peut aussi être employé au sens figuré pour exprimer l'idée de déchoir ou de perdre une position. L'image évoquée est celle de quelqu'un qui tombe d'une position où il se trouvait ou tenait.
Et, écoutez Jésus lui-même, en Jean 15 ; « Si quelqu'un ne demeure pas en moi, on le jette hors du vignoble, comme les sarments coupés. Il se dessèche, puis on les ramasse, on y met le feu et il brûle. »
Un sarment qui ne demeure pas. Un sarment qui était rattaché au cep et qui cesse ensuite de demeurer. Voilà l'autre cadre. Il est réel. Il est dans le texte et il refuse d'être ignoré.
Les avertissements de la Bible ne sont pas des bluffs divins. Ce sont l'amour d'un père qui préfère nous effrayer plutôt que nous perdre. Voici donc la question brûlante. Comment ces deux ensembles de versets peuvent-ils être vrais en même temps ?
Car ils le sont. Ils sont tous les deux dans la même Bible, parfois écrits par le même apôtre et parfois trouvés dans la même lettre.
La plupart des chrétiens sérieux, à travers l'histoire, ont fini par comprendre une chose. Ces deux ensembles de versets ne se contredisent pas. Ils décrivent une seule et même réalité, vues sous deux angles différents. Voici l'idée ; du côté de Dieu, le salut est absolument sûr, Dieu n'échoue jamais. Il achève ce qu'il commence. Sa main ne tremble pas. Sa promesse ne recule pas. C'est ce que proclament avec puissance les versets sur la sécurité éternelle. Mais, du côté humain, la foi est un chemin. Il faut le parcourir. Il faut le garder. Il faut le protéger. Et c'est ce que proclament avec gravité les versets sur l'apostasie. La foi n'est pas une pilule que l'on avale une fois. C'est une union vivante avec Christ qu'il faut entretenir.
Les théologiens appellent cela le mystère des moyens. Dieu garantit la fin, oui. Mais il utilise des moyens pour nous y conduire. Et, l'un de ces moyens, c'est l'avertissement. Les avertissements de la Bible ne sont pas des mensonges pédagogiques. Ce sont de véritables instruments par lesquels Dieu nous garde. Quand vous lisez Hébreu chapitre 6 et que vous tremblez, cette crainte sainte fait partie de la manière dont Dieu vous préserve. L'avertissement fonctionne. Il vous ramène. C'est pourquoi Paul peut dire, dans cette même lettre aux Philippiens, à la fois « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement » Et c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire. Les deux vérités tiennent ensemble ; Dieu agit. Et parce que Dieu agit, vous agissez aussi.
Et, il faut ajouter ceci. Certaines personnes, à travers l'histoire de l'Église, ont goûté aux choses spirituelles sans jamais être profondément régénérées. Elles ont participé à la communauté, ressenti des émotions, appris la doctrine. Et pourtant, elles ne se sont jamais laissées transformer au fond du coeur.
Quand ces personnes s'en vont, l'apôtre Jean dit, en 1 Jean chapitre 2, Leur départ ne prouve pas qu'ils ont perdu quelque chose. Il révèle ce qu'ils n'ont jamais vraiment possédé. Le mystère du salut, c'est que Dieu tient bon. Et, que nous tenons bon parce qu'il tient bon. Deux mains sur la corde, mais une seule qui ne lâchera jamais.
Quittons maintenant la salle de séminaire pour rentrer dans la vie réelle. Car cette question ne se pose pas seulement dans les livres de théologie. Elle se pose dans des voitures silencieuses après les services, dans des cuisines une fois que tout le monde est couché, dans des chambres d'hôpital, dans des mariages qui s'effondrent, et dans l'esprit de croyants terrifiés à l'idée que leur pire échec soit devenu leur dernier.
Voici ce que la vérité biblique, tenue dans son juste équilibre, fait à votre âme. D'abord, elle tue la peur toxique. Si vous êtes un enfant de Dieu, vous n'avez pas à vous réveiller chaque matin en vous demandant si vous êtes encore sauvé. Vous n'avez pas à recompter vos péchés comme un comptable anxieux. Le Père qui vous a adopté ne vous rejette pas dans la rue chaque fois que vous trébuchez. La grâce est plus grande que votre pire jour. Beaucoup de chrétiens vivent dans une prison qu'aucun verset biblique n'a jamais construite. La peur constante d'être rejetée.
Ecoutez bien. Notre Dieu ne joue pas au chat et à la souris avec ses enfants. Ensuite, elle tue la présomption paresseuse. Si vous êtes vraiment en Christ, vous ne pouvez pas dire « J'ai été sauvé une fois, donc je peux vivre comme je veux. » Ce n'est pas la foi biblique. C'est une caricature.
La grâce qui sauve est aussi la grâce qui transforme. Si rien ne change en vous au fil des années, vous ne devriez pas vous inquiéter de perdre votre salut. Vous devriez vous demander si vous l'aviez jamais reçu. C'est pour cela que les avertissements existent. Pour vous secouer. Pour vous empêcher de vous endormir sur une fausse assurance.
Ensuite, elle vous donne un chemin. La vie de foi n'est pas une négociation permanente avec Dieu. C'est une marche. Vous prenez la Bible et vous la lisez. Vous priez, même quand vous ne ressentez rien. Vous rejoignez une communauté de croyants. Vous ne restez pas seuls. Vous confessez vos péchés. Vous ne les enterrez pas. Vous regardez à Christ encore et encore. Et à mesure que vous marchez, quelque chose se produit. La foi grandit. Les racines s'enfoncent plus profondément. Le serment demeure attaché au cep.
Et puis, elle vous donne de la compassion pour les autres. Pour la personne qui lutte dans votre église. Pour votre frère qui traverse une saison sombre. Vous ne le regardez plus de haut. Vous ne le condamnez plus trop vite. Vous vous approchez de lui. Vous portez son fardeau. Parce que vous savez que si vous tenez encore debout, ce n'est pas parce que vous êtes plus forts, mais parce que Dieu vous soutient.
Ceux qui ont le coeur endurci ne s'affligent pas de leur distance avec Dieu. Ceux qui l'ont complètement rejeté n'aspirent pas à revenir. Votre détresse n'est peut-être pas la preuve que vous êtes perdu. Elle est peut-être déjà la preuve d'une grâce à l'oeuvre en vous.
La véritable assurance du salut ne se trouve pas seulement dans un souvenir du passé. Elle se trouve dans une flamme présente, aussi petite soit-elle, qui se tourne encore vers Christ.
Alors, retournons une dernière fois sur ce parking d'église presque vide. Les lumières du bâtiment s'éteignent peu à peu. Les bénévoles ont fini d'empiler les chaises. La dernière voiture a disparu par le portail. Mais, l'homme est toujours assis là. Sa Bible est toujours ouverte à côté de lui, mais quelque chose a changé dans sa poitrine. Il comprend maintenant que la question « Ai-je perdu mon salut ? » n'est peut-être pas la première question qu'il doit se poser. La question ou les questions plus profondes sont celles-ci ; Est-ce que je veux encore Christ ?
Est-ce que je veux revenir ?
Et, s'il y a en lui, même très faiblement, un « oui » tremblant, alors la main du Père est déjà tendue vers lui.
La sécurité éternelle et l'apostasie possible ne sont pas deux ennemis qui doivent d'un moment se vaincre l'un l'autre. Ce sont deux gardiens qui protègent dans la même porte. L'un nous empêche de désespérer, l'autre nous empêche de nous endormir. Et, entre les deux se tient Christ, qui nous tient.
Si cette étude vous a nourri, partagez-la avec quelqu'un qui lutte contre le doute cette semaine.
Et surtout, ouvrez votre Bible ce soir. Dieu vous y attend.





















































